On sait qu’il était 23 h 21, ce vendredi 28 février 1986, et que le Premier ministre de Suède, Olof Palme, sortait avec son épouse d’une séance de cinéma. On sait que, dans le centre de Stockholm, une neige un peu sale maculait les trottoirs et qu’un homme a emboîté le pas du couple. On sait enfin qu’à l’intersection des rues Sveavägen et Tunnelgatan, l’inconnu a sorti une arme, tuant Olof Palme d’un coup de feu dans le dos et blessant son épouse, avant de disparaître dans la nuit. Puis trente-quatre ans ont passé durant lesquels on n’a rien su de plus, ou presque.
La justice suédoise a finalement mis un terme, mercredi, à ce qu'elle a qualifié de «l'une des plus vastes enquêtes criminelles au monde». Elle l'a fait en présentant au public le nom et le visage de celui qu'elle tient pour le tueur : Stig Engström. Les principaux médias du pays ont affiché les traits lourds et le regard morne de ce graphiste suédois, âgé de 52 ans à l'époque des faits et réputé hostile à Palme. L'homme, qui s'est donné la mort en 2000, ne sera jamais jugé, et donc jamais formellement reconnu coupable. Mais avec sa mise en cause s'achève une enquête que le procureur spécial Krister Petersson a jugée impossible à prolonger, en l'absence de nouveaux éléments, et qui laisse à de nombreux observateurs un goût d'inachevé.
Un géant de la politique
Bien plus qu'un fait divers, l'affaire Palme a acquis, en Suède et au-delà, un statut de mythe que justifient les circonstances du drame et l'envergure de sa victime. Leader s




