Avec cinq points d’avance, le club du Tout-Puissant Mazembe faisait une nouvelle fois la course en tête quand l’épidémie de coronavirus a définitivement interrompu le championnat congolais. Mais depuis des semaines, la télévision nationale retransmet un procès qui surpasse en audience n’importe quel match de football. A la barre, Vital Kamerhe, directeur de cabinet du chef de l’Etat, qu’on appelle le «président bis». L’homme politique est poursuivi pour détournement et blanchiment de 50 millions de dollars d’argent public (soit près de 45 millions d'euros).
L’image fascine les téléspectateurs. Vital Kamerhe, 61 ans, en tenue bleue et jaune de prisonnier, visage à demi masqué, barbe blanche, bataille face aux juges. Diffusé depuis la prison centrale de Makala, à Kinshasa, ce procès est sans précédent. Les Congolais assistent en direct à la chute vertigineuse d’une des personnalités les plus influentes du pays. Qu’il s’agisse d’un règlement de compte politique ou d’une opération mains propres, le peuple ne peut s’empêcher de savourer cette disgrâce publique d’un homme présumé intouchable.
Pacte de Nairobi
Le président Félix Tshisekedi lui doit pourtant la moitié de son accession à la fonction suprême, en 2019, après dix-huit ans de règne de Joseph Kabila. Vital Kamerhe, originaire de la région du Kivu, un important réservoir d'électeurs, a été son principal allié dans la course à la




