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Interview

«La situation à Hongkong prouve que la Chine n’est pas digne de confiance»

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Chris Patten, dernier gouverneur britannique de Hongkong avant la rétrocession à la Chine en 1997, réagit à la reprise en main par Pékin du territoire. Pour cet anti-Brexit, qui regrette que le Royaume-Uni n’ait pas été en mesure d’offrir son indépendance à l’ex-colonie, l’absence de fermeté de l’UE dans ce dossier est un problème fondamental.

Chris Patten à Hongkong en 1992, année de sa nomination en tant que gouverneur du territoire. (Photo K.Y. Cheng. South China Morning Post. Getty Images)
ParSonia Delesalle-Stolper
Correspondante à Londres
Publié le 22/07/2020 à 19h41

Lord Chris Patten a été le dernier gouverneur de Hongkong, entre 1992 et 1997. C’est sous ses yeux que l’ancienne colonie britannique a été rétrocédée à la Chine le 1er juillet 1997. Ces dernières semaines, le Royaume-Uni a haussé le ton vis-à-vis de Pékin après l’imposition d’une loi sécuritaire à Hongkong. Après avoir ouvert l’accès à la citoyenneté britannique à 3 millions de résidents du territoire et banni l’utilisation de l’opérateur chinois Huawei dans son réseau mobile 5G, Londres a annoncé lundi la suspension de son traité d’extradition avec son ancienne colonie. Lord Patten, 76 ans, aujourd’hui recteur de l’université d’Oxford, s’est entretenu avec quelques correspondants de la presse européenne, dont Libération, le Monde, La Repubblica, El País ou la Neue Zürcher Zeitung.

Comment analysez-vous la situation actuelle à Hongkong ?

Lorsque nous avons quitté Hongkong en 1997, nous avions négocié le principe d'«un pays, deux systèmes». Le territoire continuerait à bénéficier d'un haut degré d'autonomie, avec toutes les libertés associées, pendant cinquante ans. C'était inscrit dans un traité international, la Déclaration conjointe sino-britannique. Je me souviens de discussions animées avec un haut fonctionnaire du Foreign Office qui affirmait que la Chine était une dictature mais que les Chinois respectaient leur parole. Initialement, les choses se sont plutôt bien passées, en dépit d'une ou deux difficultés. En 2003, il y a eu une p

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