Lord Chris Patten a été le dernier gouverneur de Hongkong, entre 1992 et 1997. C’est sous ses yeux que l’ancienne colonie britannique a été rétrocédée à la Chine le 1er juillet 1997. Ces dernières semaines, le Royaume-Uni a haussé le ton vis-à-vis de Pékin après l’imposition d’une loi sécuritaire à Hongkong. Après avoir ouvert l’accès à la citoyenneté britannique à 3 millions de résidents du territoire et banni l’utilisation de l’opérateur chinois Huawei dans son réseau mobile 5G, Londres a annoncé lundi la suspension de son traité d’extradition avec son ancienne colonie. Lord Patten, 76 ans, aujourd’hui recteur de l’université d’Oxford, s’est entretenu avec quelques correspondants de la presse européenne, dont Libération, le Monde, La Repubblica, El País ou la Neue Zürcher Zeitung.
Comment analysez-vous la situation actuelle à Hongkong ?
Lorsque nous avons quitté Hongkong en 1997, nous avions négocié le principe d'«un pays, deux systèmes». Le territoire continuerait à bénéficier d'un haut degré d'autonomie, avec toutes les libertés associées, pendant cinquante ans. C'était inscrit dans un traité international, la Déclaration conjointe sino-britannique. Je me souviens de discussions animées avec un haut fonctionnaire du Foreign Office qui affirmait que la Chine était une dictature mais que les Chinois respectaient leur parole. Initialement, les choses se sont plutôt bien passées, en dépit d'une ou deux difficultés. En 2003, il y a eu une p




