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Pour Assange, une victoire non sans peine

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Invoquant son état psychique, la justice britannique a refusé lundi l’extradition du fondateur de WikiLeaks vers les Etats-Unis. Les autorités américaines ont annoncé faire appel.

La joie a éclaté dans les rues de Londres à l’annonce de la non-extradition de Julien Assange. (Photo Henry Nicholls. Reuters)
Publié le 04/01/2021 à 20h26

On peut dire que la juge Vanessa Baraitser aura su ménager ses effets. Lundi matin, sous les lambris de la cour criminelle centrale de Londres, dite «Old Bailey», la magistrate chargée de statuer sur la demande d'extradition émise à l'encontre de Julian Assange par la justice américaine a passé les trente-cinq premières minutes de la lecture de son jugement - suivie, pour bon nombre de journalistes, par écran interposé - à pilonner, un par un, presque tous les arguments avancés par les avocats du fondateur de WikiLeaks au cours des audiences de l'an passé, en février puis en septembre. Des charges à caractère purement politique ? Pour elle, rien ne l'établit, et les faits reprochés à Assange - accusé d'espionnage et de piratage informatique pour la publication, en 2010 et 2011, de centaines de milliers de documents confidentiels - excèdent, dit-elle, le «rôle lié au journalisme d'investigation». Un risque de procès inéquitable ? Elle n'a aucune raison de croire que l'Australien ne bénéficierait pas des «protections constitutionnelles et procédurales habituelles»… Et puis, dans les dix dernières minutes, la tonalité a radicalement changé.

Ca

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