Le soir du 14 janvier 2011, l'alerte est donnée par une série de tweets de Tunisiens. «Un cortège de voitures officielles a quitté le palais de Carthage… Il est arrivé à l'aéroport… La famille Ben Ali est à bord… Et le Président ? Eh oui, il est monté dans l'avion…» Deux heures plus tard, l'information est officiellement confirmée. L'avenue Bourguiba de Tunis, noire de manifestants, exulte. Le dictateur s'est enfui comme un voleur après vingt-trois ans de règne et autant de jours de contestation à travers la Tunisie. Ce soir-là, ce n'est pas la seule Tunisie qui bascule dans une autre ère, mais tous les peuples arabes qui découvrent que l'impensable est possible. Les pouvoirs tyranniques et prédateurs qui les dominent, depuis des décennies pour certains, peuvent être renversés par un soulèvement populaire pacifique. Le mur de la peur tombe, ouvrant un boulevard à l'espoir.
Editorial Les révolutions arabes ont voulu se défaire de ces carcans, mais elles n'ont fait que les renforcer
Dégagisme
«Le peuple veut la chute du régime» : le slogan phare parti du Sud tunisien est repris fin janvier dans tout le monde arabe. Les mêmes revendications de liberté et de justice sociale sont partout clamées. Jaloux d'avoir été doublés par la petite Tunisie, les Egyptiens, qui se préparaient sur Facebook à lancer leur contestation, descendent dans les rues. Ils sont des millions à travers le pays arab




