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Alexeï Navalny, bête noire des services russes et dissident en devenir

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Avec une popularité croissante en Russie, Alexeï Navalny ne représente pas un danger immédiat aux yeux du Kremlin. Mais pour les faucons du renseignement, il est l’ennemi à abattre.

Alexeï Navalny à Khimki, près de Moscou, après son arrestation. (Photo Alexander Nemenov. AFP)
Publié le 18/01/2021 à 20h31

Le «sombre blogueur qui n'intéresse personne», comme l'appelle Vladimir Poutine, ne cesse pourtant de pousser les autorités russes à des mesures extraordinaires. L'arrestation d'Alexeï Navalny dès son arrivée sur le sol russe, dimanche soir, n'a surpris personne. L'opposant politique de 44 ans faisait depuis plusieurs semaines l'objet d'un avis de recherche fédéral. Les représentants du pouvoir, y compris le président russe, avaient fait comprendre à mots plus ou moins couverts que personne ne se vexerait si «le patient berlinois» décidait de ne pas rentrer de son exil. En embarquant dans le vol Berlin-Moscou, Navalny, conscient des risques qu'il encourait, a lancé un nouveau défi au Kremlin.

Son incarcération pour trente jours, à l'issue d'une parodie de procès, signifie-t-elle pour autant que le régime russe est aux abois et que l'opposant représente une véritable menace pour Vladimir Poutine ? Certes, d'enquêtes en manifestations, la notoriété d'Alexeï Navalny ne cesse de croître depuis des années. Elle a complètement explosé avec l'épisode de son empoisonnement, en août, par les services de sécurité russes (FSB), en Russie et à l'étranger. Mais l'ascension de l'opposant est encore à écrire, considère le politologue Kirill Rogov, vice-

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