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Justine Augier, un nouveau regard sur les exilés

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Dans son dernier livre, à travers la vie d’un intellectuel syrien installé à Berlin, la romancière invite le lecteur à repenser la place des immigrés en Europe.

Manifestation pour l'évacuation de tous les camps de migrants en Grèce après l'incendie du camp de réfugiés de Moria à Lesbos, le 20 septembre 2020 à Berlin. (Stephanie Loos/AFP)
ParMarine Dumeurger
correspondante à Nantes
Publié le 04/05/2021 à 11h46, mis à jour le 04/05/2021 à 16h49

Elle aimerait que le regard change sur les exilés, que l’imaginaire collectif trop souvent hanté par la peur et la menace, s’enrichisse. Justine Augier voit en ces nouveaux venus un renouveau bienvenu. Ainsi dans son dernier livre, Par une espèce de miracle, (dont Libération avait parlé à sa sortie) elle raconte le parcours de Yassin al-Haj Saleh. Persécuté par le régime de Bachar al-Assad, ce penseur syrien a passé seize ans en prison avant de participer à la révolution puis de trouver refuge en Allemagne. «A travers lui, je me suis aussi intéressée à la présence de ces Syriens en Allemagne», détaille l’écrivaine. Refusant de les réduire à des victimes, seulement porteurs d’un récit tragique, elle les conçoit plutôt comme des «gens ayant fait la révolution». «Ils ont voulu inventer une nouvelle forme de gouverner. Dans une Europe cloisonnée et figée sur la question des réfugiés comme des identités, ils représentent un apport unique.» Et de citer en exemple le long combat mené par des immigrés pour obtenir la condamnation des criminels de guerre syriens, comme à Coblence récemment. «Ils ont entrepris en amont un travail de documentation afin de

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