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Carte blanche

13 Novembre : «L’amour court pas les rues», par Jean Felzine

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Dix ans après, «Libération» a invité 13 artistes à revenir sur les attentats : comment ils les ont vécus, comment ils les ressentent encore aujourd’hui. Le musicien, chanteur du groupe Mustang, s’insurge contre l’idiotie, les mensonges, l’hypocrisie, la haine qui n’ont fait que se répandre durant la dernière décennie.

Jean Felzine. (Dorian Prost/Libération)
Par
Jean Felzine
musicien, chanteur du groupe Mustang
Publié le 07/11/2025 à 14h00

Dix ans après les attentats du 13 Novembre, «Libération» donne carte blanche à 13 artistes pour nous livrer leur regard sur les attaques et leurs conséquences. Souvenirs personnels, réflexions politiques, créations artistiques… retrouvez en kiosque ce numéro spécial de «Libération», «13 regards sur le 13 Novembre», et sur notre site.

«Very superstitious writings on the wall

Very superstitious, ladders ‘bout to fall […]

When you believe in things that you don’t understand

Then you suffer

Superstition ain’t the way»

(Stevie Wonder, Superstition, 1972)

Quand on marche en ville, on ne s’ennuie jamais : il y a toujours quelque chose à saisir. Au moment des attentats je vivais dans le Xe, côté canal Saint-Martin : un genre de Disneyland bistronome, paradis des CSP+ en gabardine Carhartt et des cavistes nature. Je logeais rue Marie et Louise exactement, tout près du Carillon et du Petit Cambodge. Peu importe comment j’ai vécu ce soir-là : l’industrie de la culture à laquelle j’appartiens croit toujours avoir le premier rôle, elle m’évoque plutôt Gloria Swanson grimaçant sous les flashs à la fin de Sunset Boulevard. Mais immédiatement après les attentats j’ai vu pulluler dans tout le quartier ce graffiti : L’amour court les rues.

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