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Carte blanche

13 Novembre : «Le Bataclan nous a jetés dans le monde adulte», par Nadia Tereszkiewicz

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«Libération» a invité 13 artistes à revenir sur les attentats de 2015: comment ils les ont vécus, comment ils les ressentent encore aujourd’hui. L’actrice, 19 ans à l’époque, raconte comment cette nuit-là a tout changé pour sa génération.

Nadia Tereszkiewicz. (Richard Dumas/Libération)
Par
Nadia Tereszkiewicz
actrice
Publié le 09/11/2025 à 12h26

Dix ans après les attentats du 13 Novembre, «Libération» donne carte blanche à 13 artistes pour nous livrer leur regard sur les attaques et leurs conséquences. 12 contributions illustrées par des des dessins d’Annette Messager. Souvenirs personnels, réflexions politiques, créations artistiques… retrouvez en kiosque à partir du 10 novembre ce numéro spécial de «Libération», «13 regards sur le 13 Novembre», et sur notre site.

Je n’étais pas au Bataclan le 13 novembre 2015, entre 21h24 et 21h47. Je n’étais même pas dans le XIe. J’étais chez moi. J’avais quitté prématurément le théâtre de Nanterre où j’étais allée voir Ça ira (1) Fin de Louis de Joël Pommerat, avec ma classe de khâgne. Une migraine m’avait forcée à partir pendant la pièce et à éteindre mon téléphone.

Ce n’est que plus tard dans la nuit, en l’allumant, que j’ai appris ce qu’il s’était passé. J’avais reçu des dizaines de messages et d’appels manqués. Une vague de panique, de tristesse et de colère.

En tant que jeune étudiante de 19 ans à l’époque, j’ai l’impression que c’est toute une génération qui a perdu son innocence. Le Bataclan nous a jetés dans le monde adulte et a imprimé en nous quelque chose d’étrange, une forme de présence, une inquiétude persistante. La sensation que partout, à tout mome

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