A l’occasion des 10 ans des attentats du 13 Novembre, «Libération» donne carte blanche à 13 artistes pour nous livrer leur regard sur les attaques et leurs conséquences. Souvenirs personnels, réflexions politiques, créations artistiques… retrouvez en kiosque ce numéro spécial de «Libération», «13 regards sur le 13 Novembre», et sur notre site.
Je me souviens parfaitement du soir de l’attentat du Bataclan, des premières images, des messages sur les réseaux sociaux, de qui se trouvait «en sécurité» ou pas. J’ai un souvenir plus vif encore d’une de mes amies, qui voulait se rendre au concert mais n’y était pas allée. Je n’avais de lien avec aucune des victimes ce soir-là, mais je connaissais certains des survivants – la plupart indirectement.
Je travaillais à l’époque à Paris à l’écriture de la pièce Compassion. L’Histoire de la mitraillette (2016, traduit en 2025 aux éditions du Brigadier), qui parle du génocide et des massacres au Rwanda et en république démocratique du Congo dans les années 1990. Dans une des scènes, l’un des personnages (joué plus tard par l’actrice Ursina Lardi) pointe sa mitraillette vers le public – un geste qui revêtait soudain une tout autre signification.
Quelques jours après les attentats, le metteur en scène italien Romeo Castellucci




