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Carte blanche

13 Novembre : «Nous avons fixé l’écran jusqu’au petit matin», par Susie Morgenstern

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Dix ans après, «Libération» a invité 13 artistes à revenir sur les attentats : comment ils les ont vécus, comment ils les ressentent encore. L’autrice jeunesse raconte sa tentative d’empêcher l’annulation d’un salon du livre au lendemain des attaques, témoignage de sa «foi en la culture et l’éducation pour sauver ce qui pouvait l’être face à la barbarie».

Susie Morgenstern. (Roberto Frankenberg/Libération)
Par
Susie Morgenstern
Publié le 08/11/2025 à 15h31

Dix ans après les attentats du 13 Novembre, «Libération» donne carte blanche à 13 artistes pour nous livrer leur regard sur les attaques et leurs conséquences. Souvenirs personnels, réflexions politiques, créations artistiques… retrouvez en kiosque ce numéro spécial de «Libération», «13 regards sur le 13 Novembre», et sur notre site.

Bien que je réside à Nice, à seulement 10,7 kilomètres de Saint-Laurent-du-Var [où se tenait le Festival de la parole et du livre, ndlr], j’étais exceptionnellement hébergée à l’hôtel, du vendredi au samedi, aux côtés des autres auteurs. J’adore les petits déjeuners avec mes collègues, tous engagés dans ce qu’on appelle parfois «nos galères». Et j’adore les salons du livre ! Nous pouvons sortir de notre solitude protégée pour rencontrer d’autres missionnaires du livre, rencontrer des classes, dédicacer nos livres. Je suis une participante ravie, convaincue que ces événements contribuent au rayonnement de l’exception culturelle française et à l’épanouissement des enfants.

Quand on écrit pour la jeunesse, on est plus qu’un simple écrivain. On est, oui, «missionnaires», psychologues, sociologues, philosophes et intermédiaires entre nos livres et les lecteurs. Quel que soit notre sujet, nous savons que nos propos abordent l’apprentissage de l’empathie,

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