«Une ville n’est pas seulement faite de bâtiments, mais de la manière dont ses habitants y vivent, se déplacent et se sentent en sécurité», lance Annika Dalén en s’avançant vers le tunnel qui passe sous la gare centrale d’Umeå. Dans l’imaginaire collectif, ce genre de lieu est un coupe-gorge par excellence, que les femmes préfèrent éviter. Sale, humide, couvert de graffitis et éclairé par le flash d’un néon défectueux – d’autant qu’ici, à 650 km au nord de Stockholm, il n’est pas rare quand la nuit se lève qu’elle laisse la place à une sombre grisaille.
Pourtant, en arpentant le tunnel avec Annika Dalén et Linda Gustafsson, chargées de l’égalité des genres à la commune, on découvre un espace conçu en courbe, un design sans angle mort, particulièrement sécurisant. Avec un très large trottoir à côté de la piste cyclable qui permet d’éviter une sensation d’enfermement. L’endroit prend même des allures d’installation artistique. Un long mur de verre lumineux est couvert de citations de la romancière Sara Lidman, dont les parois interactives diffusent en continu des bruissements sylvestres du grand nord suédois. Plus loin, la voix feutrée de l’écrivaine résonne.
Un déneigement plus équitable
L’équipement est un modèle de la conception de l’espace public adoptée par la commune depuis plus de quin




