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Rétro 2025

Menaces de Trump, Léon XIV, ouragan Melissa… L’année 2025 dans le monde

Du bras de fer franco-algérien à l’attentat de Sydney, tour d’horizon d’une planète secouée.

Donald Trump à Washington, le 20 janvier 2025, jour de l'investiture de son second mandat. (Brian Snyder/REUTERS)

Tractations politiques, guerre à Gaza, provocations trumpiennes, morts de l’année… Retrouvez tous les articles de la rétro 2025 en cliquant sur ce lien.

Trump violente la planète

Près d’un an déjà que Donald Trump a repris les rênes de la Maison Blanche, et l’Amérique, avec le reste du monde, semble avancer comme ivre, vacillant sous les secousses incessantes d’un président milliardaire capable de souffler, le froid, le chaud, puis le contraire dans la même journée, comme si la planète entière n’était que le décor de son théâtre personnel, souvent orchestré via des messages postés au réveil sur son réseau social. On aurait tort, toutefois, de ne voir dans ses «trumperies» – dont certaines comme la menace d’annexion du Canada ou l’obsession du Nobel de la paix confinent certes au comique – qu’un carnaval d’absurdités. Car sous le chaos méthodiquement orchestré, se dessine, patiemment, la silhouette d’une présidence impériale. Chaque provocation, chaque volte-face, chaque menace tonitruante (sur le Groenland ou le canal de Panama) participent d’un même dessein : concentrer le pouvoir, écraser les contre-pouvoirs, soumettre alliés comme adversaires à une logique de force brute.

A l’étranger, Trump traite les partenaires des Etats-Unis comme des vassaux récalcitrants. Le Mexique et le Canada sont sermonnés, l’Europe rudoyée, l’Ukraine peut-être bientôt sacrifiée dans un arrangement opaque avec Moscou. Hormis son ami Poutine et la Chine, seule capable de lui résister, rien n’échappe à sa diplomatie du bras de fer : droits de douane punitifs, abandon du climat, accords de «paix» à la pelle, mais dont les détails et la pérennité importent peu. La nouvelle stratégie américaine de sécurité, publiée en décembre, consomme le divorce avec l’Europe, clairement prise pour cible et invitée à assumer elle-même «la responsabilité première de sa propre défense». Une rupture historique.

A l’intérieur, son second mandat prend la forme d’une dérive autoritaire stupéfiante. Militarisation des villes démocrates, purges administratives, rafles migratoires, sanctions contre les juges dissidents : Trump gouverne comme un chef assiégé, intolérant à toute contradiction ou diversité. Les institutions sont ébranlées, les normes effacées, et la démocratie américaine soumise à un test inédit de résistance. Avec la complicité de la Cour suprême, il bâtit un pouvoir hyperprésidentiel, obsédé par l’idée de plier son pays et le monde à sa volonté. Y parviendra-t-il ? Une chose est certaine : cette année en a paru dix. F.A.

Ukraine, la paix impossible

2025, c’est l’année où ont fini de se désaccorder les instruments du concert des peuples et des nations occidentales, lequel avait déjà sérieusement viré à la cacophonie en 2022, quand la Russie a envahi l’Ukraine. Ayant pris ses quartiers à la Maison Blanche, Donald Trump a rapidement réorienté la politique américaine, regardant davantage vers Moscou et, par ricochet direct et immédiat, moins vers l’Ukraine et l’Europe. En février, quand l’Assemblée générale de l’ONU adopte la résolution sur une paix juste et durable en Ukraine, les Etats-Unis votent pour la première fois contre les autres pays occidentaux, en s’alignant avec la Russie. Quelques jours plus tard, Donald Trump humilie en direct Volodymyr Zelensky dans le Bureau ovale pour une sombre histoire vestimentaire. Face à tant de violence, les Européens et autres alliés du monde libre, qui ont fini par comprendre que non seulement la Russie se considérait vraiment en guerre contre eux (même si «hybride» pour l’heure), mais qu’il faudra aussi apprendre à marcher, et à se battre, sans l’aide américaine, se sont rangés dans une «coalition des volontaires».

Donald Trump, lui, tendra la main à Vladimir Poutine, au mois d’août, sur le tarmac d’Anchorage, en Alaska, sortant l’autocrate russe de l’isolement profond dans lequel il était tenu depuis l’annexion de la Crimée en 2014. Mais malgré les tapes dans le dos et les déclarations d’une amitié renouvelée, la bromance entre Trump et Poutine n’est que de façade. Le premier avait juré de venir au bout de la guerre en Ukraine en 24 heures. C’était il y a 8 136 heures. Le second n’a pas bougé d’un centimètre de ses exigences maximalistes – la capitulation de l’Ukraine, pour le dire en peu de mots. Entre-temps, les missiles ont continué à meurtrir l’Ukraine, d’ouest en est, épuisant le réseau énergétique et le moral des troupes et de la population. Mais la guerre, qui avait débuté de façon plutôt conventionnelle avec des chars et des tranchées, a aussi, en 2025, définitivement muté en bataille rangée de drones. Qui, pour les uns, survolent quotidiennement toute l’Ukraine par essaims meurtriers, mais vont aussi, pour les autres, chercher loin en territoire russe les raffineries de pétrole et les dépôts de carburant. L’année s’achève et la paix reste un fantasme inassouvi. Sauf du côté du Kremlin, qui n’a même pas fait semblant de considérer l’espace d’un instant un plan de sortie de crise qu’il avait pourtant soufflé lui-même aux crédules et cupides Américains. V.D.

Los Angeles en flammes

L’année a mal débuté dans la capitale du cinéma. Début janvier, quatre feux simultanés ont assailli les collines de la ville, dévalé les pentes jusqu’à entrer dans les quartiers huppés. Un scénario catastrophe qui a pris de court les pompiers, asséché les bouches incendies, mis les tournages hollywoodiens à l’arrêt.

L’enquête est toujours en cours sur l’origine des étincelles, mais les flammes ont été attisées par la puissance des vents de Santa Ana et ont vite dévoré la végétation, abondante et asséchée. Le changement climatique a aggravé la situation en favorisant le manque de pluie. Les incendies, qui ont duré près d’un mois, ont été les plus dévastateurs de l’histoire de la Californie, détruisant plus de 2000 bâtiments, chassant 130 000 personnes de leurs maisons et tuant au moins 31 personnes. Cet été, deux feux de forêt aux portes de villes françaises ont fait redouter une tragédie similaire : celui de Marseille et celui de Narbonne, plus grand brasier depuis au moins 50 ans dans l’Hexagone. M.Lx

France-Algérie: un bras de fer et une libération

Soulagement. Le 12 novembre, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, détenu à Alger depuis près d’un an, est enfin libéré, avec l’aide de la diplomatie allemande. Paris et Alger, empêtrés dans une crise diplomatique de grande ampleur, entrevoient enfin une porte de sortie. L’épisode a commencé en juillet 2024 avec un pli, envoyé par Emmanuel Macron au roi du Maroc. Le président français y reconnaissait «la souveraineté marocaine» sur le Sahara-Occidental, provoquant la colère d’Alger, qui a fait de l’indépendance de ce territoire un cheval de bataille. Rapidement, l’escalade : les vexations et mesures de rétorsion (notamment concernant les visas) se sont accumulées de part et d’autre de la Méditerranée durant toute l‘année 2025 et les extrêmes des deux pays ont soufflé sur les braises d’un conflit dont on ne voyait plus la fin.

Il aura fallu attendre le départ de Bruno Retailleau de la place Beauvau pour mettre fin aux invectives françaises et amorcer un retour à la diplomatie. Jusqu’à la douche froide du 3 décembre où le journaliste Christophe Gleizes, arrêté en mai 2024 et condamné en juin 2025, voit sa peine de sept ans de prison confirmée en appel. Et l’adoption, le 24 décembre, d’une loi réclamant des excuses de la France et des réparations pour la colonisation. A.Ga.

Amérique latine: la contagion trumpiste

Si vous êtes obéissants, papa vous donnera une récompense. C’est sur ce mode que Donald Trump traite l’Amérique latine, sous-continent que les Etats-Unis ont considéré, au long du XXe siècle, comme leur arrière-cour : une dépendance où ils peuvent intervenir à leur guise. L’ingérence a pris plusieurs formes. En octobre, le président à mèche blonde promettait à l’Argentine un sauvetage de 20 milliards de dollars si le parti de Javier Milei s’imposait. Le chantage a fonctionné. Deux mois plus tard, ce sont les citoyens du Honduras qui se voyaient indiquer depuis Washington le «bon choix» pour la présidentielle : le conservateur Nasry Asfura. Une aide financière était conditionnée au résultat, et le candidat adoubé par le milliardaire l’a finalement emporté. A l’opposé, une armada de 15 000 hommes et plusieurs navires de guerre s’est positionnée face aux côtes du Venezuela pour faire pression sur le président socialiste Nicolás Maduro et tenter de le chasser du pouvoir. Pendant ce temps, la fraternité trumpiste s’est agrandie : le Chili, avec José Antonio Kast, nostalgique de la dictature Pinochet, et la Bolivie, ont basculé à droite. D’autres pourraient suivre en 2026 : le Pérou, où la présidentielle aura lieu en avril, et la Colombie, qui votera en mai. F.-X.G.

La surprise Léon XIV

Après s’être battu de longues semaines contre une pneumonie, François, le pape des pauvres et des périphéries, tire sa révérence le lendemain de Pâques et après un dernier tour triomphal en papamobile sur la place Saint-Pierre. Scrutés par le monde entier, les cardinaux s’enferment dans la chapelle Sixtine et élisent rapidement, le 8 mai 2025, Robert Francis Prevost.

Et c’est une surprise, même si le nom de l’Américano-péruvien figurait dans la liste des papabile grâce à un parcours riche de missionnaire au Pérou et de supérieur de son ordre religieux, les augustins. Une expérience qui lui donnait une vision large de l’état du catholicisme mondial. De plus, François en avait fait, les deux dernières années de son pontificat, un de ses principaux collaborateurs à Rome comme préfet du dicastère pour les évêques, sorte de DRH mondial des épiscopats. Des atouts qui ont permis à Prevost de briser un tabou, celui qui rendait impossible l’élection d’un pape américain. Et de devenir Léon XIV. B.S.

Australie: attaque antisémite au cœur de Sydney

Les victimes ont de 10 à 87 ans. Un dimanche soir d’été sur la plage de Bondi Beach, elles étaient venues célébrer la lumière et la fête juive de Hanoukka. Avant l’irruption de deux tueurs mûs par une rage antisémite, ils étaient un millier rassemblés ce 14 décembre sur la célèbre plage de Sydney, très prisée des surfeurs. Australiens d’origine indienne armés jusqu’aux dents, Sajid et Naveed Akram, un père et son fils, ont ouvert le feu contre les participants pendant dix longues minutes, tuant 15 personnes dont une fillette de 10 ans, deux rabbins et deux survivants de la Shoah.

«Une attaque contre les juifs australiens est une attaque contre tous les Australiens», a fait valoir le Premier ministre Anthony Albanese. Désarmé par un vendeur de fruits d’origine syrienne devenu héros viral en quelques minutes, le père est rapidement abattu par la police, qui découvrira dans son véhicule des engins explosifs et des drapeaux de l’Etat islamique. Grièvement blessé, le fils avait fait l’objet d’un signalement pour sa proximité avec les thèses du mouvement terroriste en 2019, sans paraître constituer à l’époque de menace immédiate. L.Br.

Melissa, l’ouragan monstre

Le monstre venu de l’océan n’a cessé de s’intensifier à l’approche de l’île. Le 28 octobre, la Jamaïque a été traversée par l’œil de 19 kilomètres de diamètre de Mélissa, qui a causé la pire catastrophe climatique de l’histoire du pays. Peu avant de toucher terre, les vents de cet ouragan atteignaient 300 km/h, une des vitesses les plus importantes jamais enregistrés dans les eaux de l’Atlantique. Classé en catégorie 5, la plus extrême, l’ouragan a été rendu plus puissant et plus destructeur par le changement climatique. En cause notamment, les eaux anormalement chaudes des Caraïbes.

L’île, dévastée, croule désormais sous des millions de tonnes de débris. Les dommages causés (habitations rasées, inondations, glissements de terrain) sont au moins équivalents à 30% du PIB de Jamaïque selon l’ONU. Mélissa a ensuite poursuivi sa route et a traversé l’est de Cuba. Il a fait un total d’au moins 76 morts dans l’ensemble des Caraïbes. M.Lx

Otages en Iran: un premier pas vers la liberté

Deux Français libérés et deux autres qui attendent toujours à Téhéran de rentrer chez eux. Près de trois ans après son arrestation à Chiraz, Olivier Grondeau, 34 ans, a pu regagner la France le 17 mars. Début octobre, le cycliste franco-allemand Lennart Monterlos, 19 ans, était lui aussi libéré. Il avait été arrêté lors de la «guerre de douze jours» entre l’Iran et Israël. Il reste donc officiellement deux ressortissants français toujours retenus en Iran : Cécile Kohler, 41 ans, et son compagnon Jacques Paris, 72 ans.

Tous deux accusés d’espionnage, ils ont été extraits de la prison d’Evin, à Téhéran, le 4 novembre, pour rejoindre l’ambassade française. Un régime de semi-liberté après trois ans et demi de détention dans des conditions particulièrement dures, assimilables à de la torture, dans la section 209, celle des prisonniers politiques. L’Iran, qui pratique la diplomatie des otages, conditionne leur libération à celle d’une de ses ressortissantes, Mahdieh Esfandiari, accusée d’apologie du terrorisme. Libérée sous contrôle judiciaire, elle est depuis novembre à l’ambassade d’Iran à Paris. Son procès se tiendra à la mi-janvier 2026. L.Ma.

Soudan, de la guerre au nettoyage ethnique

L’année 2025 a vu un renversement de dynamique dans la guerre civile soudanaise. Elle a débuté par une victoire majeure de l’armée régulière : la reconquête de la capitale, Khartoum, et de la fertile vallée du Nil. Mais elle s’est achevée sur une défaite du régime militaire du général Al-Burhane : la chute de la ville d’El-Fasher, au Darfour, tombée aux mains des paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF) du général Hemetti, après dix-huit mois d’un siège implacable et plus de 200 assauts. Comme redouté, la prise de la ville, le 26 octobre, s’est accompagnée d’un nettoyage ethnique visant la communauté zaghawa, majoritaire à El-Fasher. L’ampleur des tueries n’est pas encore connue, mais les rescapés qui ont fui la zone décrivent l’un des pires massacres de civils depuis que le conflit a éclaté, en avril 2023. Après s’être emparés de l’ensemble du Darfour, les RSF concentrent désormais leurs forces sur la région du Kordofan, qui leur ouvrirait à nouveau la route de Khartoum. C.Ma.

En Europe, l’extrême droite pousse mais ne concrétise pas

L’année électorale a commencé en Allemagne en février, avec la victoire des conservateurs de la CDU. Comme prévu, son leader Friedrich Merz, en est sorti chancelier. Un scrutin où l’extrême droite de l’AfD a récolté plus de voix que jamais mais sans réussir à l’emporter, et qui a servi de baromètre pour la suite. En mai, le libéral roumain Nicusor Dan a réussi in extremis à renverser la vapeur, alors que les sondages donnaient vainqueur depuis des mois le nationaliste George Simion. Même scénario en novembre, aux Pays-Bas. La victoire qui semblait promise au PVV du vétéran d’extrême droite Geert Wilders est finalement revenue au parti libéral D66, mené par le jeune et charismatique Rob Jetten.

Faut-il y voir un modèle reproductible ? Dan et Jetten se sont tenus loin des précédents gouvernements, incarnent une forme de renouveau et ont mené des campagnes positives. En Hongrie, un homme pourrait marcher dans leurs pas au printemps 2026: Peter Magyar, quadragénaire porté par une trajectoire météorique depuis son entrée en politique il y a moins de deux ans. De quoi battre l’inamovible Viktor Orbán? N.Di.

Face à Trump, la science se lève

Le jour même de son investiture, le 20 janvier, Donald Trump sortait les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat. Déjà prise lors de son premier mandat, la décision n’a pas spécialement surpris… contrairement à l’attaque anti-sciences qui a suivi. Fin janvier, les agences fédérales se sont vues interdire l’usage de mots comme «changement climatique», «femmes», «inégalités» ou «pollution», privant de financement tous les projets de recherche liés. Certaines ont subi des licenciements massifs, comme le National Weather Service (NWS), ou la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), dont les scientifiques ont été interdits de tout contact avec leurs collègues étrangers. En réponse, des chercheurs américains ont organisé le 7 mars un vaste mouvement de mobilisation sous le mot d’ordre «Stand Up For Science», suivi dans le monde entier. Pas de quoi faire reculer le rouleau compresseur trumpien, qui poursuit régulièrement sa marche : le 9 décembre, plusieurs titres de presse américains ont accusé l’Agence américaine de l’environnement d’avoir retiré les références aux activités humaines dans sa page consacrée aux causes du réchauffement climatique. T.S.

Zohran Mamdani, nouveau visage de New York

C’est probablement le phénomène politique de 2025 aux Etats-Unis : Zohran Mamdani, un démocrate socialiste de 34 ans, musulman, naturalisé américain en 2018, a été élu maire de New York. Une véritable révolution dans le temple du capitalisme mondial.

Ce candidat de la gauche américaine ne recueillait pourtant que 1 % des intentions de vote au début de sa campagne pour la primaire démocrate. Mais grâce à une campagne efficace, aussi présente sur les réseaux sociaux que dans les rues new-yorkaises, il a su convaincre progressivement plus de la moitié des électeurs en se concentrant sur le coût de la vie mirobolant de la plus grande ville des Etats-Unis. Grimé en antisémite parce que pro-palestinien, en communiste parce que trop à gauche, Zohran Mamdani s’est surtout imposé en miroir inversé de Donald Trump, qui avait promis le chaos si New York, sa ville natale, osait élire ce trentenaire. Mais même lui, lors d’une étrange rencontre à la Maison Blanche trois semaines après l’élection, s’est finalement laissé séduire par le charisme du nouvel édile. B.D.

Catastrophes climatiques, l’Asie dévastée

La secousse, longue et puissante, a frappé la Birmanie centrale, le 28 mars. Le séisme d’une magnitude de 7,7 suivi d’une forte réplique de 6,4, a tué plus de 5300 personnes en Birmanie, une centaine en Thaïlande et fait plus de 11400 blessés. L’accès à des zones ravagées, car situées sur la meurtrière faille de Sagaing, a été compliqué par la guerre civile actuellement en cours entre la junte et les forces de résistance.

L’Asie du Sud-Est a été également victime d’une série de puissants événements climatiques qui se sont cumulés cet automne. Les cyclones Senyars et Ditwah, mais aussi des typhons et la mousson, le tout aggravé par le phénomène la Niña, ont provoqué de catastrophiques inondations et glissements de terrain qui ont lourdement endeuillé l’Indonésie (plus de 950 morts), le Sri Lanka (plus de 620 décès), la Malaisie, le Vietnam ou les Philippines en novembre et décembre. Au moins 2000 personnes ont trouvé la mort, des milliers d’autres ont été blessées par la violence des destructions qui ont ravagé toute la région. A.Va.

Rosalía, la pop contre la standardisation

Lux a des airs de Construção. Le quatrième album de Rosalía est celui, super pop, d’une pop star à l’ère de TikTok quand celui de Chico Buarque, en 1971, était celui d’un ancien enfant chéri de la musique populaire brésilienne devenu figure en lutte contre la censure de la junte. Mais les deux disques - immenses, chacun à sa façon - usent similairement de leur audace et de leur forme - orchestrale, libérée des carcans - pour nous signifier leur indépendance. Rosalía lutte avec Lux contre la standardisation intense qui agit toujours plus sur la pop depuis deux décennies; celle qui arrange tant les affaires de Spotify et des majors, a permis l’émergence de l’IA, et la domination culturelle, aux quatre coins de l’Occident de la boss lady Taylor Swift. Lux, pavé dans la mare qui voue sa folie des grandeurs à tout un chacun, est aussi grandiose pour ça - son désir fougueux de remplacer les shots de dopamine des sons qu’on fait défiler par l’adrénaline de la surprise, tel un aria d’opéra verdien déboulé sans crier gare dans une playlist de supermarché. O.La.

XI Jinping, la parade de la toute-puissance

Pour l’occasion, il était en costume Mao gris. Ce mercredi 3 septembre, Xi Jinping a célébré le 80e anniversaire de la «victoire de la guerre de résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise et contre le fascisme» avec une parade gigantesque sans précédent à Pékin.

Lors de cette démonstration de force inédite d’une Chine puissance, le secrétaire général du PCC a voulu incarner un nouvel ordre international face aux Occidentaux et aux démocraties libérales jugées décadentes. Xi a souligné que le «renouveau de la nation chinoise était inarrêtable». Il a ajouté que la Chine «ne craignait pas la force brute et [qu’elle] restait forte grâce à son autonomie». Il s’est posé en rassembleur et au centre d’un nouvel échiquier stratégique en accueillant Vladimir Poutine et Kim Jong-un. Jamais depuis 1959, les dirigeants chinois, nord-coréen et russe n’étaient apparus ensemble à la balustrade d’honneur sur la place Tiananmen. Une internationale autoritaire avec Xi Jinping en grand ordonnateur. A.Va.

Imamoglu, rival déchu d’Erdogan

C’était l’homme politique le plus populaire du pays, et le plus sérieux challenger de Recep Tayyip Erdogan en vue du prochain scrutin présidentiel. Peut-être la raison pour laquelle Ekrem Imamoglu, maire d’Istanbul, a été arrêté le 19 mars et doit faire face aujourd’hui à 142 chefs d’accusation pour corruption, soutien au terrorisme, espionnage et fraudes électorales, entre autres charges. Toujours emprisonné, il pourrait encourir, à l’issue de ses procès, 2 352 années derrière les verrous. Réprimées, les manifestations monstres lancées dès l’annonce de son arrestation se sont essoufflées. D’autres édiles du CHP, le vieux parti laïc et nationaliste fondé par Atatürk, ont été arrêtés ou démis de leurs fonctions. La nomination du chef du parti a été contestée en justice. Au pouvoir depuis vingt-trois ans, Erdogan pourrait se présenter pour un quatrième mandat présidentiel, malgré ses 71 ans et les rumeurs d’une santé défaillante. Le scrutin est prévu pour 2028, mais le reïs pourrait en décider autrement, et profiter de l’atonie de l’opposition pour avancer l’élection. A.Bi.

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