Je ne vais pas vous mentir : on avait bel et bien décidé de sortir ce jour-là. On avait tout soigneusement préparé, programmé notre engin pour s’extraire du pic, planifié une invasion éclair de la Terre et prévu de sauver les quelques humains qui se trouveraient à proximité de Bugarach (pour alimenter notre garde-manger, mais je préfère ne pas trop m’étendre là-dessus…) Après avoir été enfermés quelques millénaires sous la montagne, nos gamins sautaient déjà de joie sur leurs petits tentacules à l’idée de baver un peu partout sur un nouveau terrain de jeu. Nos chefs, eux, serraient les mandibules dans l’attente de notre signal pour propulser la soucoupe hors de notre base souterraine. Mais voilà, rien ne s’est passé comme prévu.
D’abord, aucune fin du monde à l’horizon. On a patienté, mais rien de rien. Cette histoire d’apocalypse soi-disant annoncée par le calendrier maya s’est vite révélée de la pure foutaise. Ensuite, en glissant discrètement nos appendices oculaires au travers des cavités du pic, on a aperçu la foule. Et ce qu’on a vu des Terriens n’était pas joli-joli…
Il y avait là, agglutinés sur ce tout petit bout de terre, environ un millier d’humains, dont pas mal de zinzins vêtus de déguisements de Martiens parfaitement ridicules. Certains étaient recouverts de papier aluminium, d’autres portaient des antennes montées sur ressorts. Un gars habillé en Dar




