«On est tombé dans un guet-apens.» Claire (1), militante de gauche lorientaise, a été agressée avec des camarades dans la nuit du lundi à mardi par des membres du groupuscule d’extrême droite la Digue sur le campus de l’université Bretagne Sud à Lorient. Neuf militants de gauche ont été blessés, avec des incapacités temporaires de travail allant d’un à six jours. Plusieurs plaintes ont été déposées par les victimes, selon qui deux des agresseurs ont été interpellés sur les lieux. Contacté, le parquet de Lorient et la préfecture du Morbihan n’ont pas encore répondu à nos sollicitations.
Lundi 17 novembre au matin en arrivant pour le début des cours, les étudiants lorientais ont découvert des tags nationalistes à proximité du campus. Sur l’un, selon des photos transmises à Libé par des témoins, on peut lire «La Digue - NR Nationalistes - An Dig [«la Digue», en breton, ndlr]» encadré par des croix celtiques, symbole des néofascistes français, ainsi que des Sacré-Cœur. Sur un autre, «Ordre nouveau - An Dig». «NR» désigne le nationalisme-révolutionnaire, l’idéologie dont se réclame notamment le GUD, et «Ordre nouveau» un mouvement actif dans les années 70. Parmi les graffitis, le nom d’une militante de gauche était inscrit avec des menaces.
Petite bande de militants violents
Une fois les cours terminés, Claire et ses camarades ont décidé d’aller les recouvrir. «On est arrivés sur place à neuf parce que c’était important d’enlever ces tags, raconte la jeune femm




