Le samedi, la mairie de Tourrette-Levens est fermée. Mais il suffit, ce jour-là, que Bertrand Gasiglia, son maire LR, y passe une tête pour qu’on lui demande les clés de la salle des fêtes. Trousseau trouvé. «C’est le rôle d’élu», balaie-t-il. Et maintenant qu’il est dans son bureau, pourquoi n’en profiterait-il pas pour mettre le nez dans les parapheurs ? Parmi le courrier de la semaine, il trouve le remboursement d’un «petit chantier» à 10 000 euros. Apport de l’Etat : 1 640 euros. C’est maigre. Ce qui fait dire à Bertrand Gasiglia à propos de la gestion de sa commune de 5 000 habitants dans une vallée au-dessus de Nice : «On fait très attention.» Il répétera cette phrase trois fois.
C’est le premier mandat de Bertrand Gasiglia. Elu en 2020, il est déjà habitué aux coupes budgétaires de l’Etat. «Ce n’est pas nouveau. Le premier qui a serré la vis, c’est Hollande, retrace l’élu de 52 ans. En 2014, on avait 560 000 euros de dotation globale de fonctionnement. En 2024, on n’a plus que 272 000 euros. C’est une baisse de 52 % en dix ans.» Avec le nouvel effort financier demandé aux communes par le gouvernement, c’est encore 50 000 euros qui pourraient se faire la malle. Non négligeable dans un budget annuel de 5 millions d’euros. Alors, forcément, la mairie n