Menu
Libération
Parlement

Accord UE-Mercosur : le RN et LFI annoncent déposer deux motions de censure contre le gouvernement

Après Jordan Bardella, Mathilde Panot charge l’exécutif français même si Emmanuel Macron a affirmé, jeudi 8 janvier, que la France voterait contre le traité de libre-échange.

La présidente des députés LFI, Mathilde Panot, à l'Assemblée nationale, à Paris, le 6 janvier 2026. (Bertrand Guay/AFP)
Publié le 09/01/2026 à 12h13

Et de deux. Jeudi 8 janvier au soir, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, avait annoncé le dépôt d’une motion de censure par le groupe lepéniste à l’Assemblée contre le gouvernement de Sébastien Lecornu. Ce vendredi 9 janvier, ce sont les insoumis qui affirment faire de même. «La France humiliée à Bruxelles, mais aussi à Washington, voilà le bilan désastreux» d’Emmanuel Macron, accusent les signataires de cette deuxième motion, déposée de manière spontanée en vertu de l’article 49 alinéa 2 de la Constitution et annoncée par la cheffe des députés LFI, Mathilde Panot, sur X.

Si le président de la République a prévenu jeudi que la France voterait contre la signature de l’accord de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur, les insoumis estiment qu’Emmanuel Macron a «laissé ouverte la porte de la capitulation de notre pays face à la Commission européenne» avec cet accord négocié depuis vingt-cinq ans, et que ses tentatives d’obtenir des contreparties n’ont été que des «artifices». Outre ces attaques contre le chef de l’Etat, les mélenchonistes dénoncent «le déni écologique, la casse industrielle et sociale, et une concurrence manifestement déloyale» permis par ce traité qui doit recevoir l’avis favorable ce vendredi de la majorité des Vingt-Sept.

Une motion contre von der Leyen au Parlement européen

Aucune de ces deux motions de censure n’a toutefois réellement de chance de déboucher sur un renversement de Sébastien Lecornu, lequel a dénoncé, dans la foulée de l’annonce de Mathilde Panot, des «postures cyniques partisanes» qui «retardent les discussions budgétaires». Si les députés Les Républicains avaient menacé dans la semaine de voter la censure du gouvernement en cas de position favorable, voire d’abstention, du Président, l’annonce de son opposition au Mercosur devrait empêcher les élus de droite d’appuyer sur le bouton.

Ce qui est loin d’être le cas pour la formation de Jean-Luc Mélenchon, qui avait fait adopter à l’unanimité dans l’hémicycle une résolution contre l’accord. LFI considère que le chef de l’Etat aurait dû jouer le rapport de force avec la Commission, en menaçant de suspendre «la contribution française au budget de l’Union européenne». Comme le Rassemblement national, qui a dénoncé, par la voix de son président «une manœuvre de communication» d’Emmanuel Macron «après des années de négociations sans jamais défendre les intérêts français». Président du groupe Patriotes pour l’Europe au Parlement européen, Jordan Bardella a aussi annoncé que le RN et ses alliés d’extrême droite déposeraient une motion de censure «contre la Commission von der Leyen».

Menace à exécution

A la différence du député européen, les insoumis ajoutent aux raisons de leur motion de censure la position d’Emmanuel Macron sur la situation au Venezuela, où le président Nicolás Maduro a été capturé puis extradé par les Etats-Unis, sur ordre de Donald Trump. LFI critique ainsi le chef de l’Etat, incapable, selon le parti, «de condamner la guerre illégale et illégitime des Etats-Unis contre le Venezuela» qui «ouvre la voie à la généralisation de la loi du plus fort, dont les conséquences sont incommensurables».

Les insoumis mettent à exécution la menace qu’ils avaient brandie mi-décembre, lorsqu’ils avaient envisagé de mettre Sébastien Lecornu sous la pression d’une motion de censure en cas de recours aux ordonnances ou au 49.3 pour faire adopter le budget. Ce que le chef du gouvernement n’a pas fait. Les mélenchonistes avaient donc baissé les armes, mais prévenu, par la voix du président de la commission des finances, Eric Coquerel : «La seule chose qui peut nous faire changer d’avis, c’est le vote du Président sur le Mercosur, qui pourrait entraîner une motion de censure.» Paris votera contre, mais cela ne leur suffit pas.

Dans la même rubrique