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Intérim

Affaire du chantage à la sextape : après la destitution de Gaël Perdriau, Saint-Etienne a un nouveau maire, Jean-Pierre Berger

Jean-Pierre Berger, 83 ans, auparavant premier adjoint, a été élu par le conseil municipal ce jeudi 11 décembre pour remplacer l’ancien édile, condamné à quatre ans de prison ferme et à l’inéligibilité.

Le nouveau maire divers droite Jean-Pierre Berger, ici à l'hôtel de ville de Saint-Etienne le 11 décembre 2025, a été désigné lors d’un conseil municipal extraordinaire avec 31 des 43 suffrages exprimés. (Alex Martin/AFP)
Publié le 11/12/2025 à 21h43

Le remplaçant de la victime remplace l’accusé. Jean-Pierre Berger, jusqu’ici premier adjoint à Saint-Etienne, a été élu maire ce jeudi 11 décembre pour remplacer Gaël Perdriau, condamné à quatre ans de prison ferme et à l’inéligibilité dans l’affaire du chantage à la vidéo intime. Le nouveau maire, divers droite, a été désigné lors d’un conseil municipal extraordinaire avec 31 des 43 suffrages exprimés. Agé de 83 ans, celui qui veut assurer «la continuité du plan de mandat», dirigera la ville jusqu’aux élections de mars.

Egalement candidate à la fonction de maire, car «nous ne pouvons soutenir ceux qui ont entraîné les Stéphanois dans la difficulté», Nicole Peycelon (LR) a réuni 12 voix sur son nom, tandis que l’opposition de gauche ne présentait pas de candidat. Jean-Pierre Berger, qui a fait toute sa carrière chez Casino, était adjoint de Gaël Perdriau depuis son élection en 2014. En mai 2022, il avait remplacé l’élu centriste Gilles Artigues au poste de premier adjoint.

L’incarcération de Gaël Perdriau se rapproche

Quelques mois plus tard, Mediapart révélait que ce dernier avait été filmé à son insu en compagnie d’un prostitué, puis contraint à mettre en sourdine ses ambitions et ses désaccords avec le maire. Gaël Perdriau, 53 ans, a toujours nié avoir participé à ce piège, que plusieurs membres de son entourage, dont son directeur de cabinet, ont reconnu avoir orchestré. Clamant son innocence, il avait refusé de quitter la mairie, malgré son exclusion du parti Les Républicains, et son renvoi devant la justice.

Ses dénégations n’ont pas convaincu le tribunal correctionnel de Lyon qui, le 1er décembre, l’a déclaré «entièrement coupable» et l’a condamné à quatre ans de prison ferme et cinq ans d’inéligibilité, avec effet immédiat pour les deux peines. Gaël Perdriau, qui a fait appel, est convoqué mardi pour savoir à quelle date et où il sera incarcéré.

Deux de ses avocats, Mes Paul Mallet et Benoît Martinez, ont annoncé qu’ils feraient «une demande de mise en liberté le jour de son incarcération car aucun des critères pouvant justifier son maintien en détention ne s’applique». Pas sûr que l’ancien édile puisse être libéré à temps pour assister au conseil municipal prévu dès vendredi prochain.

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