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Réaction

Affaire Epstein : pour Olivier Faure, «Jack Lang doit réfléchir à sa démission pour protéger» l’Institut du monde arabe

Le leader socialiste a fustigé ce jeudi 5 février sur France Info les propos bienveillants de l’ancien ministre de l’Education nationale au sujet du pédocriminel et l’a appelé à quitter l’institution dont il est le président.

Olivier Faure, à Paris, le 20 janvier 2026. (Geoffroy van der Hasselt/AFP)
Publié aujourd'hui à 9h47, mis à jour le 05/02/2026 à 10h56

«A ce stade, rien n’implique Jack Lang dans les scandales sexuels, mais il doit réfléchir à sa démission pour protéger l’institution [l’Institut du monde arabe, ndlr] qu’il préside», a affirmé Olivier Faure sur France Info ce jeudi 5 février, en réaction aux propos tenus la veille par Jack Lang sur le plateau de France 2. «J’ignore s’il est coupable d’avoir, en connaissance de cause, fermé les yeux sur les agissements d’Epstein et si par sa fréquentation, il a participé à les couvrir», a-t-il ajouté, critiquant «la façon dont il évoque aujourd’hui l’affaire».

Invité mercredi soir du 20 Heures après que son nom a été recensé près de 700 fois dans les 3 millions de documents publiés par le gouvernement américain vendredi, l’ancien ministre de l’Education nationale s’est étonné qu’un «homme si courtois, si charmant, si généreux» ait pu commettre de telles «abominations» et écarté toute possibilité de démissionner de l’Institut du monde arabe (IMA), qu’il chapeaute depuis 2013. «Je ne crains rien, je suis blanc comme neige», a-t-il balayé, maintenant qu’il ignorait tout des activités criminelles du financier américain. Sa fille, Caroline Lang, également épinglée pour ses liens avec Epstein, a quant à elle fait le choix de quitter ses fonctions au sein du Syndicat des producteurs indépendants.

Jeffrey Epstein «n’était pas un homme charmant, il était un pédocriminel et notre bienveillance doit être réservée aux victimes», lui a répondu Olivier Faure. «Dans le monde entier, des personnalités du monde politique et de la culture sont impliquées à des degrés divers. Aucune de ces relations ne peut être protégée par son statut. La justice doit passer», a martelé le patron du PS.

Une position «particulièrement nuisible»

Depuis les révélations, plusieurs personnalités politiques ont pris la parole pour demander le départ de l’ancien ministre de l’IMA. David Belliard, éphémère candidat à la mairie de Paris rallié à Emmanuel Grégoire, a jugé «très grave […] qu’on lui permette de rester président d’une grande institution culturelle française». Et l’adjoint écologiste d’Anne Hidalgo d’ajouter : «C’est une honte. Pour l’honneur et pour la justice, Jack Lang doit démissionner.»

Mercredi, l’ex-patron de l’IMA, Renaud Muselier, actuel président de la région Paca, a lui aussi enjoint son successeur de «partir, plutôt qu’il ne soit démissionné par la force», jugeant sa position «particulièrement nuisible pour l’institution». «Quand on a la carrière qui est la sienne, surtout à 86 ans, c’est bien de savoir partir, plutôt que de s’accrocher indéfiniment à quelque chose. Cela serait même raisonnable de sa part», a affirmé le macroniste dans les colonnes du Parisien.

Candidat, en 2023, à la succession de l’indéboulonnable patron de l’institution parisienne, Jean-Yves Le Drian s’est gardé, lui, d’ordonner quoi que ce soit à Jack Lang. Invité, ce jeudi, dans la matinale de France Info, l’ancien ministre des Affaires étrangères a estimé qu’il lui revenait «de considérer en conscience ce qu’il doit faire». Tout en assurant qu’il n’avait «pas envie de revenir» dans la course pour la présidence de la maison.

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