Un vieil homme pleure et tout est dépolitisé. Mardi, lors de la séance inaugurale de la nouvelle assemblée, la voix de José Gonzalez, le doyen des députés, qui la préside selon l’usage, se brise d’émotion. «Excusez-moi… Je pense à mes amis que j’ai laissés là-bas», chevrote le parlementaire Rassemblement national des Bouches-du-Rhône, né à Oran il y a 79 ans – «enfant d’une France d’ailleurs […] arraché à sa terre natale et drossé sur les côtes provençales par le vent de l’histoire en 1962», selon ses mots. «Je suis un homme qui a vu son âme à jamais meurtrie par le sentiment d’abandon et les périodes de déchirement», développe le pied-noir. Du lyrisme sauce nostalgérie. Une partie de l’hémicycle, touchée à son tour, applaudit, pas seulement l’extrême droite. Pur sentimentalisme ?
Mémoire
Algérie, OAS et extrême droite : une mémoire très politique
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Le RN a joué la carte de l’affectif avec le discours du doyen de l’Assemblée, José Gonzalez, évoquant au perchoir l’Algérie de son enfance, puis niant les crimes de l’OAS. Une posture cachant mal le substrat historique du parti de Marine Le Pen et l’entreprise de contre-culture menée dans les villes frontistes.
Présidant la séance d'ouverture de la XVIe législature de l'Assemblée nationale le 28 juin, le député RN José Gonzalez a prononcé un discours nostalgique sur l’Algérie française. (Arthur Nicholas Orchard/Hans Lucas.AFP)
Publié le 03/07/2022 à 14h34
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