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En sursis

Attaquée de toutes parts, Elisabeth Borne, Première de corvée

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Même pas mentionnée dans le discours du Président mercredi soir, la Première ministre semble sur la sellette au moment où ses rivaux se positionnent pour Matignon et critiquent son profil techno.

Yaél Braun-Pivet, ministre des Outre-Mers et candidate Ensemble à la présidence de l'Assemblée nationale, Elisabeth Borne et Aurore Bergé, cheffe des députés macronistes. (Albert Facelly/Libération)
Publié le 23/06/2022 à 20h28

La photo a quelque chose d’historique. A la tribune de la salle Victor-Hugo, trois patronnes animent, mercredi soir, la réunion des députés de la majorité présidentielle. Aurore Bergé (Renaissance, ex-LREM), première présidente d’un groupe majoritaire, et Yaël Braun-Pivet qui, sauf coup de théâtre, devrait devenir, mardi 28 juin, la première femme à présider l’Assemblée nationale, échangent sourires et regards complices avec la Première ministre, Elisabeth Borne. «Il y a un effet de sororité, c’est l’heure du règne des femmes, elles se protègent et c’est très bien», applaudit un député LREM admiratif. Un autre, plus cruel, suppose que «ça arrange le Château d’avoir deux femmes à la présidence du groupe et de l’Assemblée au cas où il faudrait faire sortir Borne du gouvernement». Au même moment, le président de la République appelait majorité et opposition à «apprendre à gouverner différemment», sans mentionner, en huit minutes d’allocution, celle qu’il a nommée à Matignon. Comme il snobait souvent ses prédécesseurs. Oubli révélateur ou pure inélégance ?

Depuis dimanche, les macronistes se perdent en conjectures sur le sort de la Première ministre fragilisée. Politiquement, c’est au Président que les Français ont voulu infliger une claque électorale. Institutionnellement, c’est elle, la «cheffe de la majorité», qui a raté la marche des 289 sièges aux législatives. «Je ne vois pas comment elle peut rester», «la remplacer ne réglerait pas le problème»,

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