C’est un principe connu des amateurs de randonnées sauvages : quand on est perdu, on a tendance à tourner en rond. Au Palais-Bourbon, cela consiste à relire en boucle l’article 47 de la Constitution, qui fixe la procédure pour faire adopter un budget. C’est aussi ce député macroniste pourtant ultra-calé en légistique qui envoie gentiment bouler les journalistes face à lui : «Je suis désolé, mais je n’ai aucune réponse aux questions que vous me posez.» Car à mi-parcours du délai de soixante-dix jours prévu par la loi fondamentale, le Parlement navigue dans le brouillard.
L’examen du projet de loi de finances (PLF), qui a pris beaucoup de retard à l’Assemblée, doit impérativement s’arrêter avant les douze coups de minuit dimanche. Un vote sur l’ensemble du texte est déjà hors d’atteinte, mais les députés devraient au moins se prononcer dans le week-end sur sa première partie, dédiée aux recettes. Pour, sauf énorme surprise, la rejeter quasi unanimement. A cette heure, en effet, aucune formation politique, pas même parmi le «bloc central», n’a prévu de voter pour. Dans ce cas de figure, c’est la version initiale du gouvernement qui sera




