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Le billet de Jonathan Bouchet-Petersen

Aux sources de l’attaque de la rue d’Enghien, une xénophobie dont l’extrême droite a toujours fait son miel

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Comment nier que la perpétuelle mise à l’index, et même la mise en accusation de plus en plus outrancière des étrangers, avec une circonstance aggravante s’ils sont musulmans, pèse sur le débat public et pousse au crime certains Français racistes ?

Paris, le 23 décembre 2022. Une fusillade a éclaté rue d'Enghien à Paris. (Stéphane Lagoutte/Myop pour Libération)
Publié le 25/12/2022 à 19h05

Le centre culturel kurde Ahmet-Kaya a été la cible d’une attaque raciste, revendiquée comme telle par son auteur. Quand il s’agit d’expliquer et de caractériser ce qui conduit à un tel passage à l’acte meurtrier, il faut se pencher sur la psychologie, les connexions éventuelles et les convictions d’un homme, mais il faut aussi s’intéresser au contexte politique dans lequel son geste intervient. Il appartient aux enquêteurs et aux médecins de passer au crible le parcours et la personnalité de W.M. – qui a d’ailleurs été transféré en psychiatrie après son interrogatoire –, mais on doit aussi noter que dans la France de 2022, la formulation publique d’une xénophobie décomplexée a clairement repris du poil de la bête avec une violence croissante. Il y a urgence à intensifier le combat contre ces discours de haine qui prospèrent le plus souvent en tordant la réalité, avec de puissants porte-voix dans l’espace médiatique et sur les rése

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