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Libération
Le billet de Thomas Legrand

Brigitte Bardot, monument d’une France disparue

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La star résumait à ce point les Trente Glorieuses, qu’elle semblait aussi n’en être jamais sortie.

Brigitte Bardot et le buste de Marianne à son effigie, vendu aux enchères à la Maison de la Chimie pour financer sa fondation de défense des animaux, le 17 juin 1987. (REGLAIN/SIMON)
Publié le 28/12/2025 à 16h13

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Brigitte Bardot n’était pas, selon l’expression consacrée une «icône du cinéma français», mais bien l’icône d’une France disparue, la France des années 50 et 60. Plus qu’une icône : un monument, avec, comme tous les monuments, sa plastique et sa symbolique. La plus belle femme du monde était une représentation de cette France rayonnante, vivante et puissante qui se reconstruisait d’une façon fulgurante à peine dix ans après la Libération.

Dans le monde entier, quand vous évoquiez la France à cette époque, deux noms, De Gaulle et Bardot, venaient immanquablement à l’esprit de chacun. La France de ces années-là devenait la quatrième puissance économique de la planète, la locomotive d’une Europe pas encore unie. La France avait réussi à faire croire qu’elle avait gagné la guerre avec les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Russie. Nous représentions pour le reste du monde l’art de revivre après l’horreur des années 40. Il fallait nous voir dans les yeux de Hollywood : charmants, chics, artistes, raffinés, libres et bons vivants.

Bardot, à l’insolente beauté, était notre évidente Marianne. Son décolleté audacieux en plâtre blanc s’offrait à tous les citoyens dans chaque mairie. Cette époque, au cœur des Trente Glorieuses, laisse, dans l’esprit de ceux qui

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