«Il faut savoir terminer une crise politique», affirmait Sébastien Lecornu il y a dix jours. Epilogue d’un pénible marathon parlementaire, le budget de l’Etat pour 2026 devrait être adopté définitivement ce lundi 2 février, après le rejet probable des dernières motions de censure contre le gouvernement.
Le Premier ministre sera au banc de l’Assemblée nationale pour l’examen de ces deux textes à partir de 17 heures. Après son dernier recours vendredi à l’article 49.3 de la Constitution, le Rassemblement national et la gauche hors PS ont chacun déposé leur motion. Leur rejet vaudra adoption définitive du budget, que le gouvernement a largement négocié avec les socialistes pour obtenir un compromis et éviter qu’ils ne le censurent.
En dépit de sa promesse faite aux socialistes d’y renoncer, le chef du gouvernement aura dégainé trois 49.3 (sur la partie recettes, la partie dépenses puis le texte définitif) pour faire passer sans vote le budget, sur lequel les députés ne sont pas parvenus à s’accorder, tant il reste un marqueur d’opposition ou de soutien au gouvernement.
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Le budget de la Sécurité sociale a pu quant à lui être adopté par un vote en décembre, grâce aux socialistes qui avaient voté «pour», en échange de la suspension de l’emblématique réforme des retraites.
Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, et la députée écologiste Sandrine Rousseau ont à nouveau mis la pression dimanche sur les socialistes pour qu’ils votent la censure. Sandrine Rousseau les a appelé à «ne pas oublier» qu’ils sont «dans l’opposition», tandis que Manuel Bompard a estimé que le budget «obtenu» par les socialistes «c’est de l’embrouille» et qu’il ne voyait «plus vraiment ce qu’il y a de gauche» dedans.
Dans leur immense majorité, les députés PS n’ont de fait pas voté en faveur des dernières motions de censure de la gauche non PS, qui ont obtenu 269 et 267 voix, sur les 288 et 289 nécessaires pour aboutir.
Passer à autre chose
Pour Marine Le Pen, qui appelle aussi à faire tomber le gouvernement, Sébastien Lecornu «a sorti le carnet de chèques des Français» pour «acheter le PS» et «l’aggravation du déficit […] va être la conséquence». «Tout le monde paye pour que Sébastien Lecornu reste en place», a-t-elle déploré samedi en Moselle.
Du côté de la coalition présidentielle, les choix budgétaires du Premier ministre laissent un goût amer, alors que plusieurs de ses soutiens de la droite et du centre craignent que la promesse d’un déficit à 5 % du PIB ne puisse pas être tenue.
Après cette séquence qui l’aura monopolisé pendant quatre mois, le Premier ministre souhaite passer à autre chose mais réfute tout «immobilisme» à quinze mois de la présidentielle. Il assure qu’il n’est «pas candidat» à l’Elysée et recommande à ses ministres à se tenir «éloignés» de ce scrutin, qui occupera tous les débats après les municipales.




