Sans surprise, le Sénat s’est massivement opposé ce mardi 25 novembre au soir à la suspension de la réforme des retraites dans le cadre du budget de la Sécurité sociale, marquant son désaccord avec la concession majeure de Sébastien Lecornu en direction des socialistes.
Dominée par la droite, la Chambre haute s’est prononcée à 190 voix contre 108 pour refuser ce décalage à janvier 2028 de la réforme «Borne» portant l’âge légal de départ à 64 ans, principale condition posée par les socialistes pour ne pas censurer le gouvernement.
Le billet de Thomas Legrand
La mesure pourra être rétablie par l’Assemblée nationale par la suite dans le budget de la Sécurité sociale, mais l’opposition très ferme du Sénat risque d’acter des divergences irréconciliables entre les deux Chambres du Parlement, au moins sur ce texte.
Désaccords profonds
La Chambre haute a notamment rétabli une autre mesure très irritante : le gel en 2026 des prestations sociales et des pensions de retraite. Les sénateurs ont néanmoins préservé les pensions inférieures à 1 400 euros par mois, qui resteront indexées sur l’inflation.
Ces désaccords profonds entre Assemblée nationale et Sénat risquent d’aboutir à un échec de la commission mixte paritaire (CMP) prévue mercredi soir sur le budget de la Sécu, après le vote du Sénat programmé dans l’après-midi.
«Il y a zéro chance qu’il y ait un accord», a encore balayé ce mardi un cadre de la coalition gouvernementale. Conséquence : l’Assemblée nationale devra statuer sur le projet de budget de la Sécurité sociale en nouvelle lecture la semaine prochaine.




