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Il a suffi d’un signe pour, soudain, éclaircir sensiblement l’horizon du gouvernement. Jeudi 4 décembre au soir, l’Assemblée a adopté un amendement de «compromis» déposé in extremis par l’exécutif lors de l’examen du budget de la Sécu (PLFSS). A la demande de la droite et des troupes d’Edouard Philippe, la mesure exonère les «petits épargnants» de la hausse de la CSG sur le capital, voulue par le PS pour financer la suspension de la réforme des retraites. Résultat : LR et Horizons se sont abstenus au lieu de voter contre et le PS a voté pour, permettant de faire passer l’amendement et de sauver – pour le moment – la peau du PLFSS.
Un joli coup pour Sébastien Lecornu, qui s’est démené tout l’après-midi : en «parlant avec tout le monde» et en prenant «des cafés avec les uns et les autres» (dixit son entourage), puis en mettant un gros coup de pression avec forte dramatisation sur les conséquences d’un rejet du PLFSS, et enfin en dégainant cette solution surprise après une longue suspension de séance lors de laquelle il s’est entretenu, dans le bureau de Gabriel Attal, avec les présidents des groupes LR, Modem et Horizons. L’abstention des philippistes, tout particulièrement, peut laisser le Premier ministre espérer, alors qu’ils affirment ne pas pouvoir voter le texte final (prévu mardi) ni la partie recettes (ce vendredi matin).
Cette inflexion notable est-elle un signe encourageant pour le gouvernement ? «C’était sur une mesure spécifique. Rien n’est fait», commente prudemment l’entourage de Lecornu vendredi 5 décembre au matin. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, était légèrement plus enthousiaste en estimant sur TF1 que «nous n’avons jamais été aussi proches du but» : «Je pense qu’il y a une majorité absolue de députés qui souhaitent que le compromis puisse se faire.»
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Du côté d’Horizons, on revendique une posture de responsabilité alors que l’inverse leur était reproché – et qu’ils restent opposés à la hausse de la CSG. «Nous n’avons jamais fermé la porte au compromis et à la discussion, contrairement à ce qui a été dit», dit-on à la direction du groupe. Mais sans rien promettre pour les votes cruciaux de la matinée et de la semaine prochaine : «Nous prenons les votes étape par étape, à chaque fois nous regardons la copie finale, et nous discutons avec le groupe, donc nous verrons bien la suite.» Un chemin existe donc. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour l’exécutif, ça veut dire beaucoup.




