On vous racontait mercredi 10 décembre «certaines pressions» dénoncées par un élu et exercées par Laurent Wauquiez sur son groupe, avant le vote du PLFSS. Le patron des députés Les Républicains avait énoncé mardi matin vouloir une «une tendance majoritaire sur l’abstention» lors du vote. Juste avant le gong, il a multiplié les échanges avec plusieurs élus souhaitant voter pour le texte pour tenter de les ramener vers l’abstention. Et notamment avec Christelle Minard, élue d’Eure-et-Loir et suppléante d’Olivier Marleix, décédé en juillet. Celle-ci voulait initialement voter pour le budget, mais Wauquiez a tenté de l’en dissuader. «Tu ne peux pas faire ça, il y a un équilibre de groupe», lui aurait-il lancé, selon une députée témoin de la scène. Et d’ajouter : «Olivier [Marleix] n’aurait pas voté comme ça.» «C’était super tendu. Elle était au bord des larmes», rapporte une députée LR. Plusieurs sources rapportent avoir vu la députée sortir de la séance les larmes aux yeux.
L’entourage de Wauquiez livre une autre version : «Ils ont eu un échange parce qu’après avoir dit qu’elle voulait s’abstenir, elle a dit une heure avant le vote qu’elle voulait voter pour. Wauquiez a essayé de la convaincre de ne pas le faire.» L’épisode a jeté un froid dans le groupe. «Sa réaction a été sensible, reconnaît un proche du patron du groupe. Ça a touché Wauquiez lui-même.» Après le vote, le président LR a convié ses troupes à la questure pour un pot, séché par plusieurs députés. «Ses propos sont absolument inadmissibles, rapporte un collaborateur du groupe. Et je ne pense qu’un vrai président de groupe comme l’était Olivier [Marleix] aurait parlé comme ça à un député de son groupe.» «Wauquiez était excédé», rembobine de son côté la même députée LR. Selon elle, au moins 20 ou 25 députés (soit la moitié du groupe) auraient pu voter pour le budget de la Sécu. Une entaille dans son autorité que Wauquiez aurait du mal à digérer…




