La fin du chemin budgétaire approche. Et la voie s’est encore rétrécie pour le Premier ministre Sébastien Lecornu. Mardi 9 décembre après-midi, les députés sont appelés à se prononcer sur l’ensemble du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) et si les positions des groupes politiques formulées vendredi sur la seule partie recettes se confirment – vote contre pour les écolos, abstention de LR et d’Horizons – le chef du gouvernement a du souci à se faire : sauvé en fin de semaine par l’absence des groupes les plus opposés (RN et LFI notamment), il risque de lui manquer quelques voix pour obtenir une majorité. Et ce malgré un vote «pour» des députés socialistes en plus de ceux des Renaissance, du Modem et des centristes de Liot.
«On peut y arriver, veut pourtant croire la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon dans une interview à la Tribune dimanche. L’Assemblée a débattu plus de cent vingt heures sur ce texte. Le gouvernement aurait pu utiliser déjà par quatre fois le 49.3 et cela n’a pas été nécessaire. C’est déjà un résultat d’en être arrivé là.» Mais ce week-end, peu de monde à part elle s’est pressé pour travailler à faire passer ce texte. «Ce texte n’est pas votable, a répété le président du parti Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, dimanche sur BFM TV. Le gouvernement a cédé à la gauche et va détricoter son propre budget […] C’est le désastre annoncé.» Dénonçant à nouveau la «lâcheté» du Premier ministre d’avoir acté une «suspension» de la réforme des retraites, il appelle les députés LR, dirigés par son adversaire interne Laurent Wauquiez, à voter contre même s’il «[voit] bien les manœuvres […] les petits compromis de l’ombre».
«Ce serait les partis du désordre»
«La droite incarne le sérieux budgétaire. On ne peut pas se permettre le vide budgétaire», prévient Maud Bregeon dans la Tribune dimanche, en direction des LR mais aussi de leurs alliés d’Horizons dont le patron, Edouard Philippe, a demandé à ne pas voter ce texte «en l’état». «D’ici à 2027, notre réussite ne peut être que collective», a ajouté la porte-parole du gouvernement en direction de ses alliés.
Autre mise en garde, celle du ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou : en cas d’échec de ce PLFSS, «on ouvre effectivement une crise politique, donc une crise économique, et donc une crise sociale», a-t-il lancé sur France 3, ajoutant, lui aussi, qu’«il faut bien faire attention en responsabilité et être prêt à assumer les conséquences de son vote». Selon l’ancien patron de la SNCF, «ceux qui provoqueraient cette hypothèse devront assumer leurs responsabilités bien évidemment» et «ce serait les partis du désordre», d’un «triple désordre économique, politique et social».
Bregeon a, de son côté, écarté la question d’une démission du Premier ministre en cas de vote négatif mardi, un an après la chute de Michel Barnier sur ce même type de texte. «Cela n’aurait pas de sens, sinon il aurait engagé la responsabilité du gouvernement, a-t-elle estimé. Cela ajouterait de la crise à la crise, de l’instabilité, et cela interromprait toutes les discussions budgétaires en cours.»




