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Pression présidentielle

Budget : Emmanuel Macron enjoint aux parlementaires de «bâtir des compromis» plutôt que «de commenter leur inquiétude»

Le président de la République, invité de RTL ce mardi 25 novembre au matin, a aussi dit qu’il avait encore «bon espoir» que le projet de loi de finances 2026 soit adopté.

Emmanuel Macron sur les Champs-Elysées, à Paris le 14 juillet 2025. (Albert Facelly/Libération)
Publié le 25/11/2025 à 8h27, mis à jour le 25/11/2025 à 10h59

Méthode Coué ou déni présidentiel ? Emmanuel Macron a dit ce mardi 25 novembre avoir «bon espoir» que «les forces parlementaires dont c’est la responsabilité» trouvent un compromis «dans les prochaines semaines» sur le projet de budget en dépit de son rejet en première lecture à l’Assemblée. Alors qu’aucune majorité claire ne se dégage dans l’hémicycle pour espérer que ces vœux soient entendus, le Président a de nouveau balayé toute responsabilité.

Revenant sur les conséquences de la dissolution à l’été 2024, le chef de l’Etat a ainsi considéré : «Si vous souhaitez que tout soit de la faute du Président, il n’y a pas de problème. Moi j’ai fait un choix en conscience face à une situation politique qui était bloquée et des gens qui annonçaient la censure.»

Le Président renvoie tout le monde à ses responsabilités

Et Emmanuel Macron de sortir la boîte à gifles : «Si les responsables politiques qui sont au Parlement sont inquiets, plutôt que de commenter leur inquiétude, qu’ils s’occupent de bâtir des compromis pour le pays qu’ils aiment et qu’ils veulent servir», a déclaré le chef de l’Etat sur RTL. Ce dernier a par ailleurs refusé de «faire de la politique-fiction» et de dire s’il dissoudrait l’Assemblée nationale si un budget n’était pas voté avant la fin de l’année.

Même les patrons et le Medef, dont l’inquiétude a été rappelée par l’intervieweur du Président, en ont pris pour leur grade. Le locataire de l’Elysée a en effet considéré que si les chefs d’entreprise étaient inquiets, «qu’ils poussent ceux à qui ils ont donné mandat de trouver des compromis avec les forces syndicales, comme je l’aurais espéré sur les retraites, parce que c’est sur la base de compromis qu’on peut avancer». Le Président a finalement considéré que la seule solution viendrait de la discussion entre les différents partis : «Je refuse une alternative qui serait «il n’y a qu’à» ou «on est foutus». Il y a un chemin qui est celui d’être responsables, efficaces, et d’avancer».

Après la prise de parole du chef de l’Etat, le patron du Parti socialiste Olivier Faure s’est lui aussi montré optimiste. «Nous avons besoin de faire avancer le pays et je pense que nous allons y arriver», a estimé le député sur franceinfo, refusant «un échec collectif». Pour le chef du parti à la rose, «ce serait quand même un vrai désastre que de voir un Parlement qui, pour la première fois depuis 1958 a la possibilité de travailler en liberté, sans 49.3, n’arrive pas à accoucher d’un budget». Et l’élu de Seine-et-Marne de regretter que LFI et RN cherchent à «faire dérailler le train» tout en estimant qu’il «ne s’agit pas de dire que nous allons trouver un consensus, il n’y aura pas, à la fin, des gens qui seront totalement heureux de ce budget».

Mise à jour à 9 h 41 avec les déclarations d’Emmanuel Macron, et à 10 h 58 avec celles d’Olivier Faure.

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