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Déficit

Budget : le gouvernement renonce à un projet de loi de finances rectificative

Ecartant l’idée poussée par Bruno Le Maire depuis le printemps, Michel Barnier ne souhaite pas amender le budget de l’année en cours, misant sur celui de l’exercice 2025 pour commencer à corriger la trajectoire des finances publiques.

Michel Barnier lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 octobre 2024. (Xose Bouza/Hans Lucas via AFP)
Publié le 06/10/2024 à 13h01

Malgré le franc dérapage du déficit public, qui devrait atteindre en fin d’année 6,1 % du PIB au lieu des objectifs successivement fixés de 4,4 % et 5,1 %, le gouvernement n’amendera pas le budget de l’exercice en cours. Soutenue par le précédent ministre de l’Economie Bruno Le Maire, l’idée d’un projet de loi de finances rectificative (PLFR), ou «collectif budgétaire», a été écartée par Michel Barnier, selon les informations du Monde.

Un tel texte aurait pu mettre en œuvre des mesures d’économies ou de recettes supplémentaires dès ce quatrième trimestre 2024, avant l’application du budget pour 2025, que le gouvernement doit présenter le 10 octobre et qui prévoit un «effort budgétaire» de 60 milliards d’euros, dont 40 milliards de baisses de dépenses. Dès le printemps, Bruno Le Maire avait plaidé pour l’élaboration d’un PLFR. A son grand dam, Emmanuel Macron avait rendu un arbitrage contraire, dicté notamment par le contexte politique, à l’approche des élections européennes du mois de juin.

Après avoir annulé dès février 10 milliards d’euros de crédit par décret, Le Maire avait alors résolu d’en «geler» 16,5 autres pour l’année en cours, dont le sort est toujours en suspens. Jusqu’au bout de son bail à Bercy, il a continué de plaider pour un PLFR : «Voter un projet de loi de finances rectificative en avril aurait évité d’en élaborer un maintenant, dans des circonstances politiques plus délicates – mais ne pleurons pas le lait renversé», a-t-il déclaré le 9 septembre au cours d’une audition parlementaire.

Quant au refus de Michel Barnier de s’engager sur un tel chemin, il s’appuie, selon le Monde, sur trois considérations : le peu de temps dont il dispose et les difficultés qu’il rencontre pour élaborer le budget de l’année à venir ; le risque politique de défendre un second texte budgétaire alors qu’il ne dispose pas d’une majorité à l’Assemblée, ce qui le met à la merci d’une motion de censure ; enfin, Bercy ne jugerait pas «strictement nécessaire» un tel texte de rattrapage. Avec son projet de budget pour 2025, le gouvernement espère ramener le déficit à 5 % du PIB à la fin du prochain exercice.

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