Ce n’est pas encore la fumée rose mais on s’en rapproche. Interlocuteurs prioritaires de Matignon en vue d’adopter les budgets 2026, les socialistes emmenés par Olivier Faure, Boris Vallaud et Patrick Kanner sont sortis de leur rendez-vous avec Sébastien Lecornu lundi 1er décembre avec la conviction qu’un compromis était à portée de main s’agissant du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).
«Nous pouvons dire que nous progressons, que nous sommes dans une approche qui peut permettre d’aboutir à un compromis», a prudemment déclaré Olivier Faure à l’issue de cette rencontre où étaient également présents les ministres Roland Lescure (Economie), Amélie de Montchalin (Comptes publics), Jean-Pierre Farandou (Travail), Stéphanie Rist (Santé) et Laurent Panifous (Relations avec le Parlement). «Nous n’en sommes pas encore là», a tout de même rappelé le député de Seine-et-Marne, alors que le texte revient à l’Assemblée ce mardi. «Nous jugerons en fonction de ce qui nous est présenté in fine.»
Ce rendez-vous avec les têtes de gondole socialistes était une nouvelle étape d’une série de consultations que le Premier ministre mène en ce début de semaine, après avoir rencontré les LR et Liot la semaine dernière. Il a ensuite échangé avec les responsables du Parti communiste, recevra les représentants écologistes mardi avant ceux du RN, mercredi. Sébastien Lecornu doit également rencontrer cette semaine des organisations syndicales et patronale et des parlementaires spécialistes des questions de défense et d’énergie, thèmes qu’il souhaite prioritairement sécuriser dans l’adoption des budgets.
«Loin d’un accord»
Le PLFSS revient à l’Assemblée après avoir été détricoté par les sénateurs, ces derniers ayant rejeté la suspension de la réforme des retraites et écarté la hausse de la CSG sur les revenus du capital, la piste de financement arrachée par la gauche pour financer la suspension de la réforme. Le budget a par ailleurs été rejeté samedi en commission des affaires sociales. Cela ne préjuge pas forcément de la suite, mais illustre que le chemin pour un vote (la partie recette doit être votée cette semaine et l’ensemble du texte, le 9 décembre) est étroit.
Alors que tout indique que LFI et l’alliance RN-UDR voteront contre, il faudrait, pour que ce budget soit adopté, que les groupes de la coalition gouvernementale l’approuvent, et qu’au minimum le PS et les écologistes s’abstiennent. Ou bien que le PS vote pour, alors que les écologistes semblent de plus en plus tentés de voter contre, comme l’illustre le député Génération·s Benjamin Lucas dans Libé.
«J’ai très envie de ne pas voter ce budget»
Outre la suspension de la réforme des retraites, les socialistes ont souhaité lundi que les prestations sociales et les pensions de retraite «ne soient pas gelées» et que le doublement des franchises médicales «ne soient pas appliqué», a précisé Olivier Faure, qui reconnait que la négociation est «âpre». «Nous voulons à la fois sauver la Sécu et faire en sorte que le fait de la sauver ne passe pas par des mesures d’économies sur les plus modestes», a résumé le leader PS.
Les responsables PS sont aussi venus avec un message politique à l’égard des groupes en soutien du gouvernement, dont Boris Vallaud a souligné la «grande dispersion». «Il faut que la responsabilité soit dans tous les camps. Ça ne peut pas être le seul apanage des socialistes», a souligné lundi Olivier Faure.
De fait, LR montre peu d’empressement à soutenir le texte : «A l’heure où je vous parle […] j’ai très envie de ne pas voter ce budget de la Sécurité sociale», a déclaré le rapporteur général du Budget de l’Etat Philippe Juvin. Si le gouvernement est décidé à obtenir un vote sur le budget, la petite musique du 49.3, condition de la non-censure du PS, se fait de plus en plus insistante, au PS comme chez LR. Mais elle n’a pas été abordée lors de l’échange entre le Premier ministre et les socialistes.




