Les néofascistes et néonazis français peuvent remercier l’Etat de droit. Selon la chaîne Telegram du «Comité du 9 mai» (C9M), organisateur de cette marche organisée par la mouvance d’extrême droite violente tous les ans en hommage à l’un des leurs, mort accidentellement en 1994 après une course-poursuite avec la police, leur manifestation déclarée pour ce samedi 11 mai dans l’après-midi en plein cœur de Paris, interdite dans un premier temps par la préfecture de police, est finalement autorisée. Le tribunal administratif a suspendu l’interdiction estimant, selon la décision consultée par l’AFP, qu’elle portait « une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifester ».
Les équipes du préfet de police, Laurent Nuñez, estimaient que cette interdiction se justifiait afin «de prévenir les risques de désordre et les atteintes à l’ordre public». Les organisateurs, parmi lesquels des membres du Groupe Union Défense, réactivé en 2022 et adepte du coup de poing, avaient, dans la foulée, déposé un référé-liberté devant la justice et disaient avoir «toutes les raisons de croire que la manifestation sera autorisée par le tribunal administratif, à l’instar de toutes les manifestations patriotes et nationalistes qui ont récemment fait l’objet d’une tentative d’interdiction préfectorale fondée sur des motifs fallacieux».
Extrême droite
Vêtus de noirs, la plupart encagoulés ou masqués, brandissant des drapeaux noirs avec des croix celtiques, les militants néofascistes et néonazis doivent se réunir à 15 heures à Port Royal, dans le Ve arrondissement de Paris. Quelques rues plus haut, devant le Panthéon, des associations et syndicats de gauche et d’extrême gauche organisent, eux, un «village antifasciste» pour protester contre cette «mobilisation de l’extrême droite».
Cette autorisation par la justice est un coup dur pour le ministère de l’Intérieur. En 2023, les images très médiatisées de centaines de nervis vêtus de noir, et leurs slogans racistes avaient choqué. L’agression d’un photographe et les intimidations de journalistes présents pour observer le cortège avaient déclenché une vague de polémiques politiques. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait alors annoncé «l’interdiction» de toutes nouvelles manifestations «d’ultradroite, d’extrême droite». Certaines étant acceptées par la Justice. D’autres non.
Des proches de Le Pen et Bardella présents ?
Verra-t-on ce samedi des proches de Marine Le Pen et de Jordan Bardella encadrer le cortège du «C9M» et de leur banderole en hommage à Sébastien Deyzieu ? Puis se recueillir au 4 de la rue des Chartreux, dans le VIe arrondissement, là où ce militant du mouvement pétainiste l’Œuvre française est tombé accidentellement d’un toit alors qu’il tentait, le 9 mai 1994, d’échapper à la police après une manifestation interdite ? L’an passé, Axel Loustau et Olivier Duguet, tous deux sont anciens trésoriers de Jeanne, le microparti de Marine Le Pen, avait fait partie des quelque 500 personnes présentes.
Figure tutélaire du GUD dans les années 90, et ami de longue date de la patronne du RN et proche du jeune président du RN, Frédéric Chatillon avait félicité en 2023 les participants au défilé et laissé entendre qu’il pourrait être présent cette année : «J’espère que les trente ans de la mort de Sébastien seront un événement majeur et je compte bien y être présent, je lui dois bien ça !» Marine Le Pen avait assuré que «si Frédéric Chatillon souhaite participer à une manifestation de cette nature, j’en tirerai, moi, les conséquences à titre personnel […] C’est une espèce de défilé provocateur en uniforme, masqué, qui est inadmissible.» A voir ce qu’elle en dira après la marche de ce samedi.
Mise à jour à 11h46 avec davantage de contexte.




