L’addiction récente, et galopante, de l’Etat aux cabinets de conseil privés peut être résumée avec un exemple, hallucinant. En 2020, le Service d’information du gouvernement (SIG), chargé sous l’autorité du Premier ministre de promouvoir les actions de l’exécutif, fait appel à l’une des principales firmes américaines de «consulting», BCG, pour travailler sur un projet qu’il a dans les tiroirs : la constitution d’un «design system», répertoire de composants numériques réutilisables permettant de répliquer des sites internet officiels. Mission principale du prestataire : aider son client à remplir un dossier de demande de financement auprès du Fonds pour la transformation de l’action publique, un outil budgétaire créé… par le gouvernement. Pour la mise en relation de ces deux morceaux de l’administration française, qui devraient pourtant savoir se parler, BCG empoche 70 380 euros. Alors même qu’il existe au sein de l’Etat un service, la Direction interministérielle de la Transformation publique (DITP), dont le rôle est d’accompagner la naissance de tels projets numériques innov
Dépenses
Cabinets de conseil privés : la Cour des comptes étrille les pratiques de l’Etat macroniste
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Les dépenses publiques en faveur de consultants extérieurs ont triplé entre 2017 et 2021, selon l’institution financière, qui dénonce une «solution de facilité», vue comme «une marque de modernité administrative».
Très attendu, le rapport de la Cour des comptes s’intéresse au «recours par l’Etat aux prestations intellectuelles des cabinets de conseil». (Stéphane de Sakutin/AFP)
Publié le 10/07/2023 à 11h00
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