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Libération
Le billet de Jonathan Bouchet-Petersen

C’est d’abord parce qu’ils sont à la rue que des SDF meurent de froid

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Mardi, deux SDF sont morts dans le grand froid. Un drame révélateur de l’inaction du Président, qui avait promis d’atteindre l’objectif «zéro SDF» en 2017. Six ans plus tard, la France compte plus de 330 000 personnes sans abri, un chiffre qui a plus que doublé en une décennie.

En novembre à Paris. (Magali Cohen/Hans Lucas.AFP)
Publié le 11/01/2024 à 12h37

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Mardi matin, une femme sans domicile fixe d’une soixantaine d’années a été découverte morte sous sa couverture dans une rue de Carpentras (Vaucluse) tandis que le corps inanimé d’un sans-abri de 69 ans était, lui, découvert dans une cave à Boulogne (Hauts-de-Seine). L’un comme l’autre sont a priori morts sous l’effet de la vague de froid qui touche actuellement la France, mais c’est d’abord parce qu’ils survivent et dorment dans la rue qu’ils ont perdu la vie. Le fait qu’il y ait au moins autant, si ce n’est plus, de décès de sans-abri l’été, alors que le nombre de places d’accueil est plus limité, le montre bien.

Anciens enfants placés à l’ASE

Ces drames sont mentionnés dans les médias, mais ils n’émeuvent pas l’opinion comme cela devrait être le cas et, surtout, ils ne mobilisent pas suffisamment les pouvoirs publics. Depuis trop longtemps. Ce n’est pas le propre d’un pays pauvre mais d’une société inégalitaire et pas assez solidaire avec les populations les plus précaires.

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