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Prison

Chantage à la sextape : Gaël Perdriau, ancien maire de Saint-Etienne, incarcéré

Condamné le 1er décembre à cinq ans de prison, dont un an avec sursis et cinq ans d’inéligibilité, l’élu au cœur d’un scandale révélé en 2022 a fait appel.

Gaël Perdriau, le 1er décembre 2025 au palais de justice de Lyon. (OLIVIER CHASSIGNOLE/AFP)
Publié le 07/01/2026 à 10h47

Condamné pour des méthodes dignes de l’URSS. L’ancien maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau a annoncé ce mercredi 7 janvier le début de son incarcération après sa condamnation à quatre ans de prison ferme dans l’affaire de chantage à la vidéo intime contre son premier adjoint.

Maire de Saint-Etienne et président de sa métropole de 2014 à 2025, Gaël Perdriau (ex-LR) indique sur son compte Facebook qu’il va «entrer en prison, conformément à la décision de justice qui a été rendue, dans le respect des institutions de notre pays». Sans pour autant reconnaître une quelconque culpabilité.

L’élu a en effet fait appel de son jugement du 1er décembre à cinq ans de prison, dont un an avec sursis, et cinq ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire. «Cette décision, je la vis comme une terrible injustice. C’est ainsi qu’elle résonne douloureusement dans mon esprit et dans mon cœur. C’est aussi pour cette raison que j’ai fait appel, avec l’espoir profond que la justice saura entendre ma voix», écrit-il ce mercredi.

Parmi les trois autres condamnés dans cette affaire, l’ancien adjoint à l’Education, Samy Kéfi-Jérôme, et l’ex-compagnon de ce dernier, Gilles Rossary-Lenglet, condamnés à trois ans de prison ferme, ont eux aussi fait appel.

Seul l’ancien directeur de cabinet du maire, Pierre Gauttieri, qui a reçu une peine de deux ans ferme, n’a pas interjeté appel. Le tribunal correctionnel de Lyon a jugé les quatre hommes coupables d’avoir comploté pour filmer un rival du maire à son insu dans une chambre d’hôtel en compagnie d’un escort boy, d’avoir utilisé cette vidéo intime pour le museler, et d’avoir financé le piège avec des fonds publics.

Méthodes «mafieuses»

Le chantage a duré plus de sept ans. Le but du «kompromat» tourné dans un hôtel parisien était d’obtenir de l’adjoint Gilles Artigues des arbitrages favorables dans les décisions du conseil municipal. La justice s’est saisie de l’affaire à la suite de révélations de Mediapart. Le site a obtenu des informations de la part de l’un des membres du commando ayant piégé l’adjoint, Gilles Rossary-Lenglet, qui s’est employé à faire tomber avec lui son ex-compagnon et adjoint au maire, le maire lui-même, et son directeur de cabinet.

Le journal d’investigation avait par la suite publié des enregistrements du maire et de son chef de cabinet parlant de ladite vidéo, achevant de convaincre sa famille politique de le lâcher. Aurélien Pradié, alors candidat à la présidence des Républicains, avait qualifié les méthodes de Perdriau et de son équipe de «mafieuses» ; l’ancien édile a par la suite été évincé du parti à l’unanimité de son bureau politique.

Les juges ont prononcé à l’encontre de chacun des condamnés une incarcération avec mandat de dépôt à effet différé, c’est-à-dire applicable même en cas d’appel.

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