Les néofascistes français ne font pas que défiler une fois l’an à Paris derrière des bannières à la croix celtiques. Ils agressent aussi des militants de gauche ou des personnes racisées et des minorités. Ils répandent propagande raciste et antisémite sur les réseaux sociaux. Mais ils visent aussi plus haut. Selon des documents internes à la mouvance sur lesquels Libé a pu mettre la main, ces groupuscules violents n’ont pas abandonné l’idée d’un «coup d’Etat nationaliste» et comptent sur les colères sociales pour tenter de s’imposer après avoir essayé en vain de prendre la tête des gilets jaunes.
Retour en arrière, à Lyon, le 9 février 2019 précisément. Le mouvement des chasubles fluo s’essouffle peu à peu mais reste bien vivace et continue à rythmer les week-ends du pays. Au sein des cortèges, émaillés de heurts avec la police parfois très violents, un affrontement plus confidentiel se joue et va connaître son apogée en cet «Acte 13». Après des semaines d’attaques menées par les nervis d’extrême droite contre des militants de gauche, et alors que les Zouaves Paris (qui formeront plus tard le GUD Paris) ont été expulsés manu militari de la manif parisienne une semaine plus tôt, la mouvance a choisi la capitale des Gaules pour sa contre-attaque. Là, cagoulés et armés, ils sont des dizaines à




