Les mélenchonistes vont-ils appliquer la politique de la chaise vide ? Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a estimé dimanche 30 novembre sur France 3 que les Insoumis, au premier rang desquels Jean-Luc Mélenchon, ne doivent pas répondre aux «invitations» de la commission d’enquête lancée par LR à l’Assemblée, sur des liens supposés entre mouvements politiques et réseaux islamistes, visant implicitement LFI.
Chez Pol
«Je considère que cette commission d’enquête ne respecte pas les règles et donc ce n’est pas une commission d’enquête. Et donc je considère que les Insoumis ne doivent pas répondre à ses invitations», a déclaré Manuel Bompard.
La commission d’enquête présidée par Xavier Breton (LR) souhaitait auditionner Jean-Luc Mélenchon mardi, comme l’a officiellement annoncé l’Assemblée nationale, mais la date restait subordonnée à une réponse de l’intéressé.
Les Insoumis s’insurgent notamment contre le fait que le bureau (président, vice-présidents, secrétaires…) de cette commission ne comprenne pas de député issu de groupes de gauche, alors que le règlement dispose que ces nominations doivent se faire en s’«efforçant de reproduire la configuration politique de l’Assemblée». Sur dix députés, trois sont d’extrême droite, deux LR, trois macronistes et deux Horizons.
Une absence passible de deux ans de prison
Interrogé sur le plateau de BFMTV dimanche, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a jugé «dommage» que LFI ne souhaite pas répondre à la convocation de la commission d’enquête. «Indirectement, quand vous critiquez le gouvernement français et que vous le traitez d’islamophobe parce qu’il mène des actions pour lutter contre l’entrisme […], en reprenant un discours de l’islam politique qui dit qu’en fait le gouvernement français est islamophobe, quelque part en condamnant l’action du gouvernement, vous donnez du crédit à cette mouvance», a jugé le ministre, pour qui ce serait «intéressant d’entendre» LFI à ce sujet.
La loi oblige toute personne convoquée par une commission d’enquête parlementaire à honorer sa convocation et à prêter serment, sous peine de s’exposer à deux ans de prison et 7 500 euros d’amende. Les insoumis ne seraient toutefois pas les premiers à faire faux bond à l’Assemblée. Le milliardaire identitaire Pierre-Edouard Stérin avait en effet posé trois lapins en mai dernier à la commission d’enquête sur l’organisation des élections en France. Ce qui avait valu au «patriote» exilé fiscal en Belgique, une saisine du procureur de la République.




