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Commission d’enquête sur les liens entre partis et islamisme : Mélenchon et Darmanin entendus samedi

L’insoumis était d’abord convoqué, mardi 2 décembre, devant la commission lancée par LR. Il avait invoqué un problème d’agenda et délai trop court pour se rendre disponible.

Jean-Luc Mélenchon, à Saint-Pierre-des-Corps, le 16 novembre 2025. (Jean-François Monier/AFP)
Publié le 01/12/2025 à 17h48, mis à jour le 01/12/2025 à 17h59

L’affiche, la date de convocation… Tout est atypique. Ce samedi, alors que l’Assemblée sera ouverte pour le débat en deuxième lecture sur le budget de la Sécurité sociale, Jean-Luc Mélenchon et Gérald Darmanin se rendront aussi au Palais Bourbon. Le leader de la France insoumise et le garde des Sceaux doivent répondre à la convocation de la commission d’enquête sur les liens supposés entre partis et réseaux islamistes.

L’insoumis devait au départ être entendu ce mardi, tout comme la patronne des Ecologistes, Marine Tondelier. Problème d’agenda ou volonté de traîner les pieds ? Dimanche, son bras droit, le coordinateur de LFI, Manuel Bompard avait estimé sur France 3 que ses camarades susceptibles d’être entendus ne devaient pas répondre aux «invitations» de cette commission lancée par le chef des députés LR Laurent Wauquiez, et visant implicitement le mouvement mélenchoniste. Son bureau (président, vice-présidents, secrétaires…) ne comprend d’ailleurs aucun député de gauche, alors que le règlement dispose que ces nominations doivent se faire en s’«efforçant de reproduire la configuration politique de l’Assemblée». Pour Manuel Bompard, «ce n’est donc pas une commission d’enquête» en bonne et due forme. En dépit de ce raisonnement, les réfractaires s’exposeraient à la peine prévue par la loi en cas de lapin posé aux parlementaires et seraient passibles, à la demande du président de la commission ou du bureau de l’Assemblée, de deux ans d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende.

Les insoumis en savent quelque chose. A trois reprises, le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin avait snobé une convocation de la commission d’enquête concernant l’organisation des élections en France, lancée par LFI. Son rapporteur, le mélenchoniste Antoine Léaument, avait déclenché en mai dernier une procédure de signalement auprès du procureur de la République de Paris «pour constater le fait qu’il ne se soumet pas à l’obligation de venir se présenter devant la commission d’enquête».

Mais lundi, Mélenchon a lui-même proposé d’être auditionné «dès samedi ou dimanche» pour «éclairer la commission sur l’histoire de la pensée républicaine en matière de relations entre religion et politique». Ne pas se fier au ton a priori aimable... Il laisse préjuger des échanges musclés entre l’insoumis et le tandem à la tête de la commission, son président, Xavier Breton (LR) et son rapporteur, le ciottiste Matthieu Bloch, qui doit terminer ses travaux autour du 10 décembre.

Ce mardi après-midi, Marine Tondelier, a elle, accusé cette instance, «par la manière dont elle s’est créée et dont elle choisit et formule ses questions», de «nourrir ce climat de suspicion permanente qui pèse sur un trop grand nombre de nos compatriotes en raison d’une appartenance réelle ou supposée à une religion, en l’occurrence l’islam».

Mis à jour mardi à 17 h 55 avec les convocations de Jean-Luc Mélenchon et de Gérald Darmanin samedi.

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