Un «cri d’alarme sans précédent», un «naufrage silencieux», un «effondrement»… Le collectif «Alerte protection de l’enfance 13» n’a pas de mots assez forts pour sonner l’alarme. Si les griefs envers le conseil départemental des Bouches-du-Rhône, qui finance leurs actions, sont multiples – absence de concertation, dispositifs de prise en charge «saturés», personnel «épuisé» –, c’est une réduction «brutale» des budgets qui a amené cet automne une quinzaine de dirigeants de structures à s’inquiéter d’une même voix. Une démarche inédite, soulignent-ils.
Rembourser le trop-perçu
A l’origine de leur colère, l’annonce, début septembre, d’une révision à la baisse du forfait journalier par enfant. Ce tarif, défini chaque l’année par le département, est en général négocié au premier trimestre. Mais pour 2025, les associations ont reçu l’arrêté le fixant neuf mois après le début de l’exercice, avec des baisses drastiques pour certaines missions : il passe ainsi de 200 à 70 euros par jour pour le suivi des jeunes majeurs par exemple, ou de 50 à 30 euros par jour pour le programme d’accompagnement à domicile des enfants. L’infortune est double : les structures sont sommées de rembourser avant la fin de l’année le trop-perçu depuis janvier, la mesure étant rétroactive. Une bombe dans la trésorerie des associations puisque les sommes à rétrocéder représentent pour certaines plusieurs centaines de milliers d’euros.
Interview
«C’est la soudaineté et l’immédiateté de la nouvelle qui n




