Le ministre a du métier. Ce lundi 13 novembre, Roland Lescure, à l’aise, coiffé de son casque de chantier, rebondit sur les explications des dirigeants de Vicat en parcourant au pas de charge et sous une pluie battante l’usine de Montalieu-Vercieu (Isère), l’une des plus grosses cimenteries de France. Ici, le broyeur et son vrombissement assourdissant. Là, les silos à ciment, monumentaux. Le ministre délégué à l’Industrie, qui avale trois ou quatre visites d’usine par semaine, blague dans l’ascenseur qui hisse l’aréopage de managers au sommet de la tour de préchauffage. Virevolte sans chichi entre les salariés réunis dans un hangar où s’entassent les sacs de ciment. «Alors, le patron vous a présenté notre projet ? interroge-t-il, poussant du coude un représentant du personnel. Et les jeunes qui sont recrutés, ils ont le sentiment de rejoindre un truc qui pollue ou dépollue ?»
Mais c’est en franglais que l’ancien ponte d’un gros fonds de pension canadien cajole le mieux. Ces contrats de décarbonation que Lescure est venu signer avec le PDG de Vicat, Guy Sidos, pour trois de ses sites, c’est «du win-win, du gagnant-gagnant» : «La discussion n’a pas été “shame on you” mais “vous êtes une partie de la solution.”» VRP de ce pacte passé entre l’Etat et les gros bonnets de l’industrie lourde, le ministre a emmagasiné une flopée de formules efficaces. «Oui, l’Etat est prêt à vous accompagner, il faut nous aider à vous aider», «Vous accélérez vos efforts




