Le tribunal de Valence a tranché : l’expédition de près d’une centaine de militants d’extrême droite à Romans-sur-Isère (Drôme) le 25 novembre était bien une descente raciste, et non une manifestation pacifique comme le prétendaient les prévenus. Cinq sur neuf ont été reconnus coupables ce mercredi 21 février de «participations à un groupement armé en vue de commettre des violences» et condamnés à cinq moins de prison avec sursis, selon France Bleu Drôme Ardèche.
Ces peines sont moins importantes que celles requises par le procureur de la République, qui avait requis jusqu’à dix mois de prison ferme. Deux prévenus ont été relaxés, qui s’ajoutent aux deux déjà relaxés le 6 février. Les deux plus jeunes, âgés de 19 ans, ont en outre écopé d’une interdiction de porter ou détenir une arme. Lors de leur interpellation, ils étaient porteurs d’une bombe lacrymogène et d’une matraque télescopique.
Un groupe intercepté par les CRS
Les faits avaient eu lieu une semaine après la mort de Thomas Perotto, 16 ans, lors du bal d’hiver du village de Crépol dans le quartier de la Monnaie à Romans-sur-Isère, dont sont originaires les suspects du meurtre du jeune rugbyman. Ce quartier pauvre de la ville drômoise était devenu la cible des membres de groupuscules d’extrême droite galvanisés en boucle sur Twitter ou Telegram où ils appelaient à la vengeance. Cette descente, menée par un groupe de près de 80 individus, a mobilisé de larges pans de la mouvance radicale : membres violents de la galaxie nationaliste-révolutionnaire (à l’instar du désormais célèbre Gros Lardon, présenté comme étant Léo Rivière-Prost de son vrai nom, membre de la Division Martel), jeunes activistes de la sphère identitaire ou encore, comme le révélait Libé, des militants issus de l’organisation royaliste Action française.
Las pour les nervis, une compagnie de CRS, mise en alerte par les services de renseignements, avait pu intercepter le groupe avant qu’il ne pénètre dans la Monnaie. S’en étaient suivis des affrontements entre force de l’ordre et militants d’extrême droite qui ont abouti à une vingtaine d’interpellations.
Au cours d’un premier procès fin novembre, six militants, âgés de 18 à 25 ans, avaient déjà été condamnés à des peines de six à dix mois de prison ferme notamment pour leur participation aux violences contre la police. Ils avaient été incarcérés à la suite du verdict. Tous ont été remis en liberté début janvier dans l’attente de leur procès en appel.




