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Dette et recettes fiscales : «On s’est plantés big time», reconnaît Le Maire

L’ex-ministre des Finances était l’invité de «C dans l’air» dimanche 9 novembre. Une émission lors de laquelle il a été interrogé sur le fiasco budgétaire des dernières années.

Bruno Le Maire, alors ministre des Finances, en novembre 2022 à l'Elysée. (Mohammed Badra/AP)
Publié le 10/11/2025 à 12h03

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Comment la France a-t-elle pu laisser déraper ses comptes publics à ce point ces dernières années, avec notamment, en 2024, des recettes fiscales inférieures de 42 milliards euros aux prévisions initiales ? Cette question a été posée à Bruno Le Maire, dimanche 9 novembre sur le plateau de C dans l’air sur France 5. Et l’ex-ministre de l’Economie et des Finances (2017-2024) de répondre, cash : «J’aimerais avoir une réponse à vous apporter et à apporter aux Français. Je ne l’ai pas. Je reconnais avec beaucoup d’humilité : nous nous sommes plantés sur les recettes. Et plantés big time

Un «nous» dans lequel Le Maire semble s’inclure – difficile, en même temps, de s’exonérer de toute responsabilité après sept ans aux manettes. Mais dans la suite de sa prise de parole, celui qui ne cesse de régler ses mauvais comptes répète quand même que tout ça n’est pas de sa faute, bien au contraire : «Je n’ai jamais menti aux Français, je suis celui qui leur a dit la vérité sur la nécessité de rétablir les comptes, celui qui a fait le 20 heures de TF1 pour annoncer de manière très impopulaire que la situation des finances publiques exigeait qu’on renonce à l’allègement des factures d’électricité. C’est qui celui qui a affronté l’impopularité ? C’est qui celui qui a pris les décisions décisives ? Il y a une très bonne expression française : il n’y a pas pire sourd que ceux qui ne veulent pas entendre.»

L’émission de France 5 révèle aussi la lettre du 6 avril 2024, dans laquelle Bruno Le Maire alertait Emmanuel Macron sur la «chute des recettes fiscales» qui aggrave le déficit. «Il y a une omission d’Etat», a réagi lundi 10 novembre Eric Coquerel, président LFI de la commission des finances de l’Assemblée nationale, interrogé sur BFMTV. «Rétrospectivement, ça veut dire que le budget qui était présenté était insincère», a-t-il ajouté.

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