Heureusement que spontanément les jeunes Français des deux sexes ne bombent pas le torse en masse et ne manifestent pas en première intention, comme n’importe quel jihadiste ou ultranationaliste, une ardeur particulière à l’idée d’aller abreuver nos sillons du sang impur de nos ennemis. Nos monuments aux morts, dans chaque village, sont la preuve que le sacrifice massif de la Première Guerre mondiale n’a pas empêché, vingt ans plus tard, la Seconde.
Billet
Alors oui, il y a une réticence naturelle à servir à nouveau de chair à canon. Le «plus jamais ça» de 1918 a perdu toute crédibilité en 1940 et la génération d’après-guerre a chanté le Déserteur avec Boris Vian et «mourir pour des idées, d’accord, mais de mort lente» avec Georges Brassens.
Propos d’une époque révolue
Depuis, toute idée de guerre sur notre territoire européen avait disparu. Mais aujourd’hui ? Qui peut affirmer que la jeunesse française est désengagée ? Qui peut dire qu’elle n’a pas le caractère requis pour défendre ce en quoi elle croit ? Rappelons-nous les forces politiques autoritaires qui déploraient, dans les années 1930, la féminisation de la «race française», la perte du sens du sacrifice patriotique d’une génération d’hédonistes qui votaient les congés payés plutôt que de s’enrôler comme les fascistes italiens et les nazis dans des milices viriles et guerrières. Ce sont ceux-là qui, finalement, ont fourni l’idéologie et les cadres de la reddition et de la collaboration.




