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Billet

Autonomie de la Corse: une improvisation irresponsable

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Le sujet de l’autonomie de l’île est suffisamment majeur pour mériter autre chose qu’une formule lancée ainsi pour tenter d’éteindre l’incendie.

Une manifestation appelant à la vérité sur la condition de l'agression d'Yvan Colonna, dimanche à Bastia. (Patrick Gherdoussi /Libération)
Publié le 16/03/2022 à 16h05

Personne ne l’avait vu venir. En annonçant à moins d’un mois du premier tour de la présidentielle et à la veille de son déplacement de deux jours en Corse, mercredi et jeudi, que l’Etat est «prêt à aller jusqu’à l’autonomie» de la Corse, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a surpris son monde. Cette annonce, encore floue, intervient alors que l’île est le théâtre de scènes de quasi-émeutes depuis qu’Yvan Colonna, l’assassin en 1998 à Ajaccio du préfet Erignac, est entre la vie et la mort après avoir été agressé en détention. C’est dans ce contexte qu’Emmanuel Macron, par la voix de son ministre, a donc dégainé une annonce de type big-bang.

Message délétère

Au-delà du fond, qui est d’importance, la façon de faire est assez navrante. Comme au pic de la crise des gilets jaunes, le pouvoir, qui a méprisé tous les mouvements sociaux pacifiques au fil du quinquennat, donne une nouvelle fois le sentiment de répondre aux injonctions de la rue quand celle-ci verse dans la violence. Le message est assez délétère de la part d’un chef de l’Etat qui prône l’apaisement de la soc

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