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Reportage

«C’est autre chose que le RN des années 1990» : en Haute-Savoie, une législative partielle sous la menace de l’extrême droite ripolinée

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Dans un territoire historiquement acquis à la droite traditionnelle, le candidat ciottiste, cofondateur d’un «collectif de maires» financé par le milliardaire Pierre-Edouard Stérin, soigne son image et menace de progresser dans les urnes, ce dimanche 25 janvier.

A La Roche-sur-Foron, centre névralgique de la 3e circonscription de la Haute-Savoie, le 14 janvier 2026. (Bruno Amsellem/Libération)
ParMaïté Darnault
correspondante à Lyon
photo Bruno Amsellem
Publié le 22/01/2026 à 8h57

D’un côté, une salle surchauffée par 4 000 fêtards qui entonnent des classiques de la chanson française après avoir ripaillé, affublés pour certains du triptyque béret, bretelles et foulard noué au cou. De l’autre, le parvis de l’hôtel de ville, où quelques dizaines de personnes piétinent dans le froid, chasubles sur le dos, barnum rouge de la CGT et tracts à la main pour tenter d’interpeller les passants.

Les deux scènes se déroulent le samedi 17 janvier, à quelques kilomètres d’intervalle, dans une même ville : La Roche-sur-Foron, 11 500 habitants, centre névralgique de la 3e circonscription de la Haute-Savoie, haut lieu de l’industrie du décolletage et de la production de reblochon, sur la route des stations de ski et des emplois grassement payés en Suisse. Une terre prospère et conservatrice des Alpes, historiquement acquise à la démocratie chrétienne et au centre droit, passée depuis trente ans sous pavillon UMP puis Les Républicains.

Dans quelques jours, l’élection législative partielle du 25 janvier et du 1er février pourrait faire bousculer ce fief ronronnant de la droite traditionnelle. En révélant la faillite de celle-ci à conserver des électeurs séduits par une union avec le Rassemblement national, voire sa participation, passive ou active, à la normalisation des idées du parti frontiste. Il y a deux ans déjà, tous les candidats adoubés par l’extrême droite – dont la moitié par l’Union des droites pour la République (UDR) d’Eric Ciotti –

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