A l’intérieur des bâtiments de l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, ce jeudi matin, les yeux sont fatigués. Quelques dizaines d’étudiants ont passé la nuit dans les locaux occupés, allongés tant bien que mal sur des cartons et tables dans des salles de classe, sans vraiment fermer l’œil. D’autres ont réussi, aux aurores, à forcer le passage gardé par des policiers pour rejoindre le bâtiment, non sans recevoir des gaz lacrymogènes au passage. Avant que l’accès à la fac, aussi bien pour les entrées que les sorties, ne soit complètement bouché.
Depuis la veille en début d’après-midi, des jeunes de plusieurs universités parisiennes ont pris le contrôle des bâtiments de Paris-I en réaction aux résultats du premier tour de la présidentielle. S’inquiétant de voir le mouvement grandir et prendre de l’ampleur, la faculté a rapidement annoncé prendre «la décision de basculer en distanciel l’ensemble des enseignements», au moins jusqu’à ce samedi 16 avril.
«Ils ont tellement peur de nous qu’ils ferment les autres universités»
Signe que le mouvement étudiant fait peur, l’université Paris-III-Sorbonne-Nouvelle, quelque 1 500 mètres plus loin, a elle aussi décidé de fermer de manière préventive son site de Censier (dont elle devrait partir sous peu) «sur la recommandation de la chancellerie des universités de Paris». Une manœuvre loin d’être nouvel




