Emma Sermet a la tête pleine de tâches à accomplir et sa maison à Mézilles (Yonne) déborde d’objets qui devraient être rangés ailleurs. La cuisine est en travaux, tout est sorti des placards. Trônent sur la table du salon et sur les buffets une bouteille d’eau de Cologne, des bois de cerf, un calendrier de l’année dernière. Voici un problème qu’elle a évacué il y a longtemps : elle vote Le Pen depuis qu’elle en a l’âge. Comme, avant, son père. Mais pas sa mère. Chez les Sermet, les femmes n’avaient pas le droit de vote. Ni d’ailleurs de l’ouvrir.
Sur les routes RN (1/3)
Cette femme de 44 ans n’a pas eu une enfance heureuse. Elle aimerait qu’il en soit autrement pour ses gosses. Elle en a trois : la plus grande a 21 ans, a fait un bac pro option gibier. L’un des deux garçons est atteint d’une maladie rare, le syndrome d’Arnold Chiari, cela touche au cervelet. Quand la famille l’a découvert, le petit n’était pas à la maternelle, Emma a dû l’emmener loin, en clinique privée à Paris. Les hôpitaux les plus proches : Auxerre à une trentaine de bornes, Dijon à 200.
Emma Sermet est cuisinière dans une ferme équestre. Elle touche 1 300 balles par mois en travaillant six jours sur sept et dit qu’elle n’a jamais eu aucune aide. Une fois, pour avoir droit à la prime pour l’emploi, elle gagnait dix euros de trop. Avec le Rassemblement national (RN), depuis le temps, elle veut que «ç




