«J’ai bien réfléchi, je vais faire comme Florent Pagny, je vais quitter le pays.» Le ton est presque grave. Mais Romain se moque de nous. «Non, je pars juste trois jours en Belgique, je paie mes impôts quand même ! Je ne fais pas de procuration, je vais m’abstenir.» Libération avait contacté ce professeur d’anglais de 35 ans il y a une semaine car il se présentait comme un électeur de Jean-Luc Mélenchon tenté par le vote Marine Le Pen au second tour. «J’ai clairement honte», nous disait-il alors. Cette possibilité n’est plus du tout d’actualité, nous assure-t-il aujourd’hui. «Evidemment que non, je ne serais pas capable de mettre un bulletin Le Pen dans l’urne, c’est quand même Marine Le Pen…»
Comme Romain, tous les électeurs que nous avons rappelés se sont ravisés. Aucun ne votera pour le Rassemblement national (RN). Pourtant, il y a une semaine, ils se disaient «prêts à faire n’importe quoi» face au «mépris de Macron». Camille, professeure des écoles de 41 ans, se demandait si sa haine pour le président-candidat méritait «d’aller jusqu’à un vote Le Pen». David, qui travaille dans une école juive privée de région parisienne, espérait lui un «choc dans la rue» et un «blocage démocratique




