Menu
Libération
LIVE
terminé

Législatives: Macron va convier les forces politiques, le refus de PS, EE-LV et PCF à Mélenchon, LR divisé... L’actualité politique de ce 20 juin

Au lendemain du deuxième tour des législatives, la France bascule dans une séquence politique inédite avec une Assemblée nationale sans majorité claire, dans laquelle le Rassemblement national entre en force.

Le président Emmanuel Macron au bureau de vote le 19 juin. (Michel Spingler/POOL/AP)
Publié le 20/06/2022 à 8h01, mis à jour le 20/06/2022 à 21h55

Comment gouverner sans majorité absolue ? Qui pour remplacer les ministres battus ? Quels compromis politiques faire et avec qui ? La gauche va-t-elle rester unie ? Quel programme pour les députés d’extrême droite, qui seront plus de 80 à siéger dans l’hémicycle ? Au lendemain des législatives, Emmanuel Macron se retrouve face à une Assemblée nationale très morcelée. Condamné à composer.

Le 20/06 à 20H21

Macron convie les forces politiques de l’Assemblée mardi et mercredi. Les forces politiques ayant vocation à constituer un groupe à l’Assemblée à la suite des législatives sont conviés à l’Elysée mardi et mercredi. «Garant des institutions, le président de la République est déterminé à agir dans l’intérêt des Françaises et des Français, dépositaire du mandat que ces derniers lui ont accordé», explique l’entourage du chef de l’Etat. «Dès lors qu’il n’y a pas de majorité alternative, la question de la manière de mener les transformations nécessaires pour le pays est posée. C’est le sens de cette rencontre avec les forces politiques: dialoguer et échanger pour l’intérêt supérieur de la Nation et bâtir des solutions au service des Français», ajoute cette source.

Le 20/06 à 20H04

Des élues et militantes féministes demandent la démission de Damien Abad. Près de 200 femmes, élues, journalistes, féministes, artistes, demandent dans une tribune publiée lundi par Le Monde la démission du ministre des Solidarités Damien Abad, visé par des accusations de violences sexuelles. «La question est simple: Damien Abad peut-il, comme ses fonctions le requièrent, incarner l’intérêt général?», demandent les signataires de la tribune lancée par l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique et l’association féministe #NousToutes. Une centaine de femmes étaient par ailleurs rassemblées lundi place du Châtelet à Paris pour réclamer sa démission, ainsi que celle du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

Le 20/06 à 18H31

Le RN «très méfiant» à l’idée de défendre avec LFI une motion de censure contre le gouvernement. L’hypothèse agite les esprits. Et si la Nupes, le RN et LR s’associaient pour renverser le gouvernement ? La gauche a annoncé qu’elle déposerait une motion de censure le 5 juillet. Laurent Jacobelli, président du groupe RN à la région Grand Est, se veut beaucoup plus prudent : «Nous sommes très méfiants de ce qui vient de la France insoumise. Si c’est juste une opération de communication, nous n’en serons pas», a-t-il admis.

Le 20/06 à 18H17

Le Conseil de la refondation n’aura pas lieu tout de suite. Emmanuel Macron voulait lancer cette semaine son objet politique aux contours toujours brumeux. C’est raté. Les élections législatives sont passées par là, et la débâcle pour les macronistes qui va avec. Le Conseil de la refondation est destiné à servir de base à la «nouvelle méthode» et à la «réinvention» promises par Macron. Il doit réunir les forces politiques, économiques, sociales et associatives ainsi que des élus locaux et des citoyens tirés au sort. Objectif : préparer les futures réformes. Mais la réunion prévue mercredi, après celles qui se sont tenues ces dernières semaines, a été reportée «à une date ultérieure», indique l’entourage du Président. En revanche, pas question de reculer. «Le principe de cette nouvelle méthode voulue par le président de la République est plus que jamais validée par les résultats de l’élection d’hier», indique-t-on à l’Elysée.

Le 20/06 à 18H07

Pompili au perchoir ? Remplacer Richard Ferrand ? Ou alors Christophe Castaner ? Au lendemain de réélection dans la 2e circonscription de la Somme, Barbara Pompili se pose visiblement beaucoup de questions sur son avenir. Interrogée par Public Sénat, l’ancienne ministre de la Transition écologique d’Emmanuel Macron se montre potentiellement intéressée par la présidence de l’Assemblée nationale. «Je suis en train d’y réfléchir, reconnaît-elle. Mais vu les circonstances, il faut que chacun trouve la place où il sera utile. Et moi, je veux être utile». En 2018 déjà, l’ancienne écologiste avait déposé sa candidature pour remplacer François de Rugy nommé au gouvernement. Sur quatre candidats, elle avait alors terminé en deuxième position derrière… Richard Ferrand en récoltant 85 voix sur 299 votes. A noter que si Pompili confirmait ses intentions et venait à être élue au perchoir, elle serait la première femme à occuper cette fonction. Ce qui serait un symbole, dans une Assemblée où la part de femmes députées est en baisse de 39 % à 37 %.

Le 20/06 à 17H50

Mathilde Panot (LFI) propose une présidence tournante en cas de groupe unique de la gauche à l’Assemblée. Les insoumis fourbissent leurs arguments pour un groupe unique de la gauche à l’Assemblée nationale. Les socialistes, les écolos et les communistes n’en veulent pas. Alors il faut affûter sa stratégie. Mathilde Panot, réélue députée LFI du Val-de-Marne et ancienne présidente du groupe insoumis, met une proposition sur la table : «Je suis favorable à une présidence tournante et à un maintien des délégations par formation politique», explique-t-elle cet après-midi. Elle poursuit : «La main a été tendue aux composantes de la Nupes pour créer un groupe unique. Il nous faut en trouver collectivement les conditions». Les autres formations de gauche accepteront-elles cette main tendue ?

Le 20/06 à 17H25

Le Conseil des ministres prévu demain est annulé. Selon plusieurs sources, citées par BFMTV, le conseil des ministres initialement prévu mardi est annulé. Deux jours après le second tour des élections législatives, plusieurs chaises seraient restées vides. Brigitte Bourguignon à la Santé, Amélie de Montchalin à la Transition écologique et Justine Bénin à la Mer ont toutes les trois perdu leur poste après leur défaite dans les urnes. Aucune date n’a encore été fixée.

Le 20/06 à 16H58

Derrière le refus du groupe unique de la Nupes, des considérations techniques et financières. Aussitôt la proposition de Jean-Luc Mélenchon faite de former un groupe unique à gauche à l’Assemblée, PS, PCF et EE-LV se sont précipités pour dire qu’ils n’en voulaient pas. Il y a des raisons politiques à ce refus : le contrat ne prévoyait pas la création d’un tel groupe, seulement d’un intergroupe. Mais surtout, être rassemblé dans un seul groupe «divise par 4 les droits de tirage de commission d’enquête et d’ordre du jour et par 3 le temps de parole», rappelle le journaliste Pierre Januel. La question pécuniaire est aussi importante : le financement des groupes serait divisé par 2.

Le 20/06 à 16H24

Christian Jacob rejette l’idée d’un «pacte» ou d’une «coalition» avec Macron. Le patron des Républicains s’est exprimé ce lundi après-midi, au lendemain dimanche électoral compliqué. Son parti n’a obtenu que 61 sièges à l’Assemblée nationale, passant de première à quatrième force d’opposition. L’ancien ministre LR Jean-François Copé plaidait dans la matinée pour un «pacte de gouvernement» avec Emmanuel Macron, qui n’a pas de majorité absolue à l’Assemblée et aura ainsi besoin de s’appuyer sur des députés extérieurs à son périmètre. Mais pour Christian Jacob, «pas question» de pactiser avec le Président.

Le 20/06 à 16H01

L’idée d’un groupe unique de la gauche tuée dans l’œuf. C’est par des déclarations interposées à l’AFP que les différentes composantes de la Nupes ont réagi à la proposition faite par Jean-Luc Mélenchon de ne former qu’un seul et unique groupe de gauche à l’Assemblée. Chacune y est allée de son refus. A commencer par EELV, par la voix de son porte-parole Alain Coulombel : «Pas question de se fondre dans un groupe unique», a-t-il martelé. Celui du PS, Pierre Jouvet, ne se montre pas plus enthousiaste : «Il n’a jamais été question d’un groupe unique. Il y aura un groupe socialiste à l’Assemblée». Quant au PCF, l’entourage de Fabien Roussel que le parti était «favorable à un intergroupe, mais pas à un groupe commun».

Le 20/06 à 15H43

Les composantes de la Nupes s’opposent à un groupe commun à l’Assemblée. Le Parti socialiste, EELV et le PCF ont déclaré lundi à l’AFP refuser la proposition de Jean-Luc Mélenchon de former un groupe Nupes unique à l’Assemblée nationale, estimant que l’accord de coalition signé début mai prévoyait des groupes distincts. «Il n’a jamais été question d’un groupe unique. Il y aura un groupe socialiste à l’Assemblée nationale», a déclaré Pierre Jouvet, porte-parole du PS. «Pas question de se fondre dans un groupe unique», a pour sa part réagi le porte-parole d’EELV Alain Coulombel. «Nous sommes favorables à un intergroupe mais pas un groupe commun», a souligné un proche du chef communiste Fabien Roussel

Le 20/06 à 15H31

Valérie Pécresse appelle (aussi) Macron à «changer de Premier ministre». Depuis les résultats des élections législatives qui ont vu le parti présidentiel échouer à obtenir la majorité absolue, les appels à la démission d’Elisabeth Borne se multiplient. Dernière en date, la présidente de la région Ile-de-France qui ce lundi a estimé «qu’Emmanuel Macron doit tenir compte du résultat de ces élections, il doit changer de ligne politique, changer de Premier ministre et de gouvernement». A son arrivée siège de LR où se réunissait le comité stratégique du parti, l’ancienne candidate à la présidentielle a appelé le chef de l’Etat à «entendre la voix des Français sur la sécurité, le pouvoir d’achat, le rétablissement de l’autorité, la vérité sur la situation financière de la France».

Le 20/06 à 15H07

Les socialistes réagissent à la proposition d’un groupe unique de la gauche. En suggérant que les députés de gauche réunis pour la campagne des législatives sous la bannière de la Nupes siègent ensemble dans un même groupe à l’Assemblée, Jean-Luc Mélenchon a suscité une réaction en chaîne des élus socialistes. Qui se montrent pour le moins réticents. La présidente du groupe Socialistes & apparentés Valérie Rabault a immédiatement réagi en s’opposant vertement à cette proposition. «La gauche est plurielle, elle est représentée dans sa diversité à l’Assemblée. C’est une force au service du peuple français. Vouloir supprimer cette diversité est une erreur, et je m’y oppose», a déclaré sur Twitter la députée du Tarn-et-Garonne. Le député de l’Ardèche Hervé Saulignac lui a emboité le pas, voyant dans cette réunion proposée par le leader insoumis une «fusion absorption».

Le 20/06 à 15H01

Retraite anticipée pour Richard Ferrand…

Le 20/06 à 14H51

Motion de censure, mode d’emploi. Quatre ans après celle déposée fin juillet 2018, c’est le retour des motions de censure à l’Assemblée nationale. Tout de suite après les résultats du second tour des élections législatives, le député LFI a annoncé que la Nupes allait déposer une motion de censure mardi 5 juillet, lors du discours de politique générale d’Elisabeth Borne. Si elle est approuvée par au moins 289 députés, cette motion de censure sera adoptée et la Première ministre devra remettre la démission de son gouvernement, en vertu de l’article 50 de la Constitution.

Lire notre article expliquant le déroulement d’une motion de censure :

Le 20/06 à 14H40

Jean-Luc Mélenchon souhaite un groupe unique de la gauche. «Il ne faut pas que notre éparpillement participe à la confusion». Le leader insoumis demande ce lundi après-midi que les différents partis de la gauche, réunis pour la campagne des législatives sous la bannière de la Nupes, siègent également ensemble à l’Assemblée. On attend désormais les réactions des députés socialistes, écologistes et communistes.

Le 20/06 à 14H30
Le 20/06 à 14H11

«Pas de majorité présidentielle sans la droite». Dans une tribune à Libération, le maire LR de Palaiseau, Grégoire de Lasteyrie appelle à la formation d’une «coalition de projet» entre Ensemble, la droite et le centre, seul moyen à ses yeux d’obtenir une majorité stable et cohérente, capable de garantir la gouvernabilité du pays. A lire ici.

Le 20/06 à 13H47

Brigitte Bourguin «off». Vaincue dans la 6e circonscription du Pas-de-Calais, Brigitte Bourguignon indique ce lundi midi sur Twitter «prendre acte» de cette défaite. Et conformément à la règle formulée par Emmanuel Macron avant les législatives, la ministre de la Santé annonce qu’elle quittera bien le gouvernement. Et s’en va sur un ultime constat lucide : «Dans mon territoire comme dans l’ensemble de la France, la percée inédite de l’extrême droite est une réalité. Le front républicain est dangereusement remis en cause. Plus que jamais, notre pays est confronté à une fracture politique qui ébranle les fondements de notre démocratie».

Le 20/06 à 13H38

A l’étranger, le risque d’une France «ingouvernable» inquiète. «Cauchemar à l’Elysée», «La France a puni Macron», «Rendre le pouvoir au Parlement»… Au lendemain du second tour du scrutin législatif, les médias étrangers s’alarment de l’instabilité politique que pourrait induire la contre-performance du camp macroniste.

Dans la même rubrique